Le livre : Un objet magique qui ne peut s’importer

article mise à jour : 27 août 2015
Le livre ne doit pas juste garnir les rayons de bibliothèques, c’est certain. Si le livre outil d’apprentissage, de formation ou encore d’instruction participe à la vulgarisation de la culture alors il est à prévoir que pour le lecteur surtout averti, se l’approprier devient un fait majeur pour ne pas dire indispensable. Ceci advient-il à amener l’écrivain dans son ouvrage à accepter de rendre au lecteur le poids et le charme de sa culture ou à se confondre à lui ? En outre, le livre peut-il s’importer ? Les lignes qui suivent entendent aiguiser l’appétit des lecteurs dans le but de trouver des réponses pas toutes faites mais plausibles et également de manœuvrer pour apporter des éléments de réflexion sur la question.

Lorsqu’un livre aborde de manière différente les réalités du lecteur auquel il s’adresse, il devient comme un objet étranger qui ne passionnera ou ne retiendra pas ou peu d’échos chez celui-ci. Un livre qu’aborde par exemple de manière différente la réalité africaine et qui tente d’expliquer celle-ci sans les véritables ingrédients, sera mal jugé par le public auquel il est destiné surtout lorsque l’écrivain est d’une culture étrangère. Exemple : Des articles sur la littérature africaine auront plus d’audience auprès du public s’ils sont écrits par des africains. Certains spécialistes du livre s’accordent même à dire que pour éviter de se soumettre à des exercices de traduction, d’adaptation et de compréhension, il est utile que l’écrivain ne soit pas d’une culture éloignée. Car pensent-ils, certains livres sont dirigés vers des buts précis.

Ainsi la lecture apparaît au premier regard comme un élément totalement étranger au système culturel africain, elle s’insère mal dans un milieu où prévalent l’oralité et le sens de la collectivité. Culture oblige. Au sens occidental, la lecture fait partie de la culture parce qu’entre autres raisons les livres enseignés ou publiés sont issus de la littérature même occidentale.

L’intérêt pour le lecteur africain sur une attitude différente par rapport au livre se perçoit lorsque l’écrivain appartient au même milieu que lui et aborde des sujets familiers. A ce titre, quid des revues scientifiques ?
Gardons à l’esprit que faire du livre un moyen d’expression de la culture africaine est possible. Mais tant qu’il ne sera pas écrit pour son lecteur, le livre, tout en possédant le pouvoir d’accès à la connaissance, restera un objet éloigné. En d’autres termes, si la majorité des livres diffusés ne sont pas écrits par des africains et édités en Afrique, leur résonance véritable risque fort d’être toujours précaire.

Ausmin