Les Editions SAEC reviennent au devant de la scène

article mise à jour : 28 avril 2014
Après une longue éclipse de près de dix ans, la Société africaine d’édition et de communication (SAEC) créée en 1990 par l’écrivain et historien, Djibril Tamsir Niane, revient sur la place avec trois nouveaux titres, à la faveur des 72h du Livre. Un éditeur de plus dans l’espace culturel, voila qui réjouit les auteurs et les amoureux du livre.

Il n’est point besoin de rappeler que la SAEC a été la première maison d’édition privée en Guinée, après l’arrivée des militaires au pouvoir en 1984. Créée pour favoriser l’éclosion de la littérature nationale et contribuer à l’émergence d’une classe intellectuelle de haut rang, cette maison d’édition a pendant de longues années cherché à se faire entendre des autorités guinéennes. Malgré des protocoles d’accord et autres conventions signés avec les ministères de l’Education et de la Culture d’alors, rien n’a réellement été obtenu dans le cadre de la bataille pour le livre scolaire et para-scolaire. Et pourtant, dans la plupart des pays de la sous-région, les manuels scolaires sont édités par des éditeurs nationaux. En Côte d’Ivoire ce sont les Nouvelles éditions ivoiriennes (NEI), au Sénégal les NEAS, au Mali les éditions Jamana etc. En Guinée, la SAEC a axé son combat sur le manuel scolaire, mais les autorités malgré toutes sortes de promesses n’ont pas suivi. En effet, le livre scolaire est ce qu’il y a de plus rentable et en cas de commandes par l’Etat, ce sont des milliers voire des millions d’exemplaires qui sont imprimés et vendus. Cette manne financière est importante pour le financement de la littérature générale (roman, poésie, théâtre, nouvelles) tirée à quelques centaines d’exemplaires qui se vend très peu et ne peut à elle seule faire vivre une maison d’édition. Donc, on peut financer à perte cette littérature générale si des bénéfices substantiels sont tirés de la commercialisation des manuels scolaires. Ainsi, les auteurs nationaux peuvent être publiés et la littérature nationale ne peut que mieux s’en sentir.

Le combat de la SAEC est celui que mène tous les éditeurs de la place et L’Harmattan Guinée est à féliciter particulièrement qui malgré toutes les difficultés reste encore sur le terrain. Les Editions Gandal aussi ont joué leur partition et il faut saluer la venue de nouveaux éditeurs dans la place.

Les Editions SAEC cette année reviennent avec trois romans. Ce sont : Lettre à mon frère Moussa du jeune Mamadi Camara qui en est à sa première œuvre et qui raconte les déboires rencontrés par un émigré à son parent resté au pays, pour lui expliquer que tout n’est pas si rose en Occident. Le second ouvrage est une autobiographie de l’ancienne ministre Nanténin Camara intitulé Des placers de Siguiri au Palais des Nations. Le dernier livre, Les Patriotes du Ziama, est un roman posthume du chercheur Karamoko Kourouma, mort en 1980, et qui raconte dans quelles circonstances le vote historique du Non le 28 septembre 1958 a été vécu par les ouvriers de l’usine de quinquina de Sérédou.

Le retour de la SAEC du Pr Niane coïncide aussi avec le début des travaux de réhabilitation de sa bibliothèque incendiée il y a trois ans et qui bénéficie du financement de l’Etat guinéen. Gageons que c’est le signal d’un renouveau pour le livre en Guinée avec en filigrane l’élaboration d’une véritable politique nationale du livre qui aujourd’hui encore fait défaut.

Par Daouda Tamsir Niane