Livre : Les émeutes et les bandes de jeunes à Conakry

article mise à jour : 20 novembre 2013
‘’Bandes de jeunes et émeutes urbaines à Guinée-Conakry’’ est la dernière signature de Joschka Philips, sociologue enseignant à l’université de Bâle en Suisse, éditée par Harmattan-Guinée et qui fera dès ce mercredi 20 novembre 2013, l’objet d’une cérémonie de dédicace prévue au centre culture franco-guinéen.

Un livre de 250 pages composé de six chapitres qui traitent des sujets aussi brulant et actuels que l’ambigüité de la jeunesse africaine, des jeunes dans la politique récente de Conakry, des bandes de jeunes, leur existence et leurs comportements dans l’espace urbain.

Le plus façonnant dans cet ouvrage, c’est la facilité avec laquelle, fruit sans nul doute d’une enquête approfondie rondement menée dans des contextes d’audaces exceptionnelles, l’auteur explique la vie des ‘’ghetto youths’’, des staffs et des clans qui marquent la vie quotidienne et politiques dans des quartiers populaires de la banlieue de Conakry. Des personnages d’autant plus étranges qu’ils abhorrent aujourd’hui des hommes qu’ils défendent demain. Un comportement qu’on a pu remarquer avant, pendant et après la grève générale menée par les syndicats en janvier et février 2013.

Un regard distant qui dépeint, avec tout le recul nécessaire, dans une objectivité déconcertante, les réalités socioéconomiques et politiques dans un pays en proie à la violence, à l’ethnicité, à la division sur fonds de corruption tous azimuts. Par des raisonnements cohérents étayés de preuves irréfutables recueillis sur le terrain suite à des enquêtes sociologiques, ce livre est une démonstration scientifique du fait que les bandes de jeunes ( entendez jeunesse frustrés, bandits, étudiants et autres badauds) jouent depuis un temps un rôle déterminant dans les activités politiques en Guinée, les mobilisations populaires et les émeutes qui en découlent. Le plus souvent avec des intéressements pécuniaires et même ethniques.

En tous les cas, Philips démontre que les manifestations ne sont jamais spontanées et que les raisons selon lesquelles les quartiers de l’axe Bambeto-Cosa-Hamdallaye, réputés opposés au pouvoir, parce que plus pauvres que les autres, n’est pas fondé. Au contraire, leurs comportements s’expliquent par des manipulations à la fois ethniques et politiciennes.

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