Lousény Camara, bombardé ministre du tourisme, de l’hôtellerie et de l’artisanat.

article mise à jour : 10 novembre 2012
Dans un décret présidentiel lu sur les antennes des médias d’Etat jeudi soir, l’ancien Président de la CENI, Lousény Camara a été nommé ministre du tourisme, de l’hôtellerie et de l’artisanat en remplacement de Hadja Mariam Baldé, qui hérite du département de la fonction publique et de la réforme de l’Etat. La nomination de Lousény Camara n’est pas passée inaperçue, depuis les langues se sont déliées à Conakry.

Lousény Camara n’aura donc pas chômé longtemps. Un mois après avoir démissionné de son poste de président de la CENI (commission électorale nationale indépendante), il a trouvé un point de chute. Il est désormais le nouveau ministre du tourisme, de l’hôtellerie et de l’artisanat.
La nomination de l’ancien président controversé de la CENI à un poste ministériel est perçue par nombre de guinéens comme la preuve que les accusations de l’opposition à l’encontre de l’homme étaient fondées.
En effet, l’opposition dite radicale incarnée par l’ADP et le Collectif a constamment accusé Lousény Camara de connivence avec le pouvoir en place, et a par conséquence fait de son départ de la tête de l’institution chargée d’organiser les élections et référendum en guinée, une des ses revendications clés.

Et la précipitation avec laquelle cette nomination est intervenue, à peine un mois après le départ de Lousény de la tête de la CENI, viendrait confirmer qu’il existait bel et bien un deal entre le président Alpha Condé et l’ancien président de la CENI et que celui-ci roulait pour lui.

A Conakry, nombreux sont les observateurs qui estiment qu’Alpha Condé se devait d’attendre un peu plus longtemps avant de trouver un point de chute pour Lousény Camara, un point de chute ailleurs et non sein de son gouvernement. Sentiment largement partagé par nombre de guinéens.

Lousény Camara qui ne boudera certainement pas le plaisir que lui procure cette nomination, une sorte de revanche pour lui vis-à-vis de ses détracteurs, se prépare à prendre fonction.

De nombreux défis l’attendent. Il doit pouvoir aider à faire décoller un secteur qui manque de tout et qui à cause des innombrables goulots d’étranglement auquel il est confronté, n’arrive toujours pas à attirer des touristes comme c’est le cas dans des pays de la sous-région comme, le Sénégal, la Gambie et le Cap-Vert. En clair, il s’agit de faire du tourisme, un secteur porteur de croissance !