La déesse-mère Nimba face à l’Islam

article mise à jour : 11 janvier 2014
Les Bagas sont un peuple de Guinée. Le Bagataï, ou pays Baga, se situe autour des villes de Boké et de Kamsar, en Basse Guinée, c’est-à-dire dans la région de la Guinée Maritime. Les Bagas occupent également de nombreuses îles de la Basse-Guinée, tels que les Îles de Loos au large de Conakry, dont ils sont d’ailleurs les premiers occupants. En effet, Conakry, capitale de la République de Guinée, vient du baga "Konakiri", tout comme la majorité des noms de ses quartiers et communes d’ailleurs.


Une société anciennement matriarcale

Ils avaient aussi un culte astral. Ces cultes sont d’ailleurs toujours vivants. En effet le Dieu suprême se dit en langue Baga "Kanu" ou "Atshol" (littéralement le médicament). Sociétés patriarcales, les Bagas sont tout de mêmes caractérisés par une forte présence des femmes à tous les niveaux de décision, signe d’une société anciennement matriarcale.

La déesse des Bagas prohibée par l’islam

Musulmans en majorité, ils comprennent néanmoins une forte communauté catholique, avec une christianisation ancienne. Grands féticheurs, ils adoraient les génies locaux et des masques, tels que :

- l’esprit puissant "Ninkinanka" (guérison et fertilité), "Bansonyi" en langue Soussou.
- le "Nimba", déesse-mère de la fertilité et de la fécondité.

Symbole de la Guinée, au-dessus des hommes et des femmes du peuple, la déesse veille sur le devenir du village. Elle est la garante de la fécondité des femmes et de la fertilité des champs. Les seins qui tombent sont le symbole de la fertilité, ce sont celles d’une femme qui a beaucoup enfanté.

Ce masque spectaculaire se portait sur les épaules chez les Bagas de Guinée. Le porteur de ce masque est enveloppé de raphia et mène une danse cadencée au rythme des tambours. Le porteur ainsi accoutré était une évocation de la mère universelle. Ce masque protège les femmes enceintes, lutte contre la stérilité, mais accompagne aussi les défunts au royaume des ancêtres. La figure majestueuse circulait au-dessus de la foule. Portée à plus de deux mètres du sol, la déesse danse entourée des gens du village lors des cérémonies festives. On promène son masque lors des semailles et des récoltes rituelles de la forêt sacrée. Prohibée par l’islam, elle a complètement disparu depuis la fin des années 50.

Guinee-culture avec Matricien.org