Djembé d’or 2012 : Miriam Makéba la mama africa à l’honneur.

article mise à jour : 12 octobre 2012

Agenda

7 nov

La 11ème édition de Djembé d’or au Centre culturel Franco-Guinéen

Au programme : Exposition, documentaire et soirée de remise de trophées.

Du 7 novembre 2012 15:00 au 9 novembre 2012 22:00

La 11ème édition du Djembé d’or se tiendra au centre culturel franco-guinéen du 07 au 09 novembre 2012. Cette année, Select Communication qui signe cet événement rend un hommage à Miriam Makéba, la Mama Africa. Jeannot Williams, l’initiateur de cet événement a reçu la rédaction de visionguinee.info, pour annoncer les couleurs de ce grand événement à dimension internationale.

Bonjour M. Jeannot Williams. Nous nous dirigeons vers la 11ème édition du Djembé d’or. D’entrée, parlez de l’histoire du Djembé d’or.

Je vous remercie de l’amitié que vous me faites en m’accordant cette interview. Nous allons vers une nouvelle dimension du Djembé d’or qui aura plusieurs déclinaisons.

Pour répondre à votre question, l’histoire du Djembé d’or remonte à plusieurs années. Il a été inspiré par l’émission vedette de la radio diffusion nationale intitulée Sono Mondiale, dont j’ai eu l’opportunité de créer et d’animer grâce à une nouvelle grille de programmes qui avait été initiée par la direction aux premières heures de la 2ème République. Je me souviens que le directeur de la radio c’était Cheick Fanta Mady Condé, et Justin Morel pour la télé. Ce sont entre autres eux qui ont initié une nouvelle grille où il y avait le Hit Parade International.

Une année après dans ce Hit, j’ai demandé à ce que l’on change le nom de l’émission. Le Hit parade international supposait le Hit parade national guinéen. Souvenez-vous qu’en 1986, date de début de cette émission, on avait à peine une production guinéenne par an. Le Hit Parade parlait surtout des nouveautés. Je me suis dit puisque le Hit parade est international, on pouvait l’appeler la Sono Mondiale. La direction a accepté ma proposition.

En 2000, soit 14 ans après la création de la Sono Mondiale, j’ai constaté qu’il y avait un déficit sur le plan du baromètre. Lors de mes déplacements à l’étranger avec des artistes, on me demandait souvent, quel est l’artiste de l’année en Guinée ? Quel est l’album qui a eu le record de vente ? Quelle est la meilleure voix féminine de l’année ou quel est le talent naissant qui a eu à émerger. Vous voyez, on ne pouvait pas répondre à toutes ces questions.

L’émission Sono mondiale avait un volet où je mets en lumière les albums nationaux que je diffuse sur la même palette que les titres internationaux. Je me suis donc dit de faire une soirée de gala où les auditeurs vont voter durant l’année pour élire le meilleur album, la meilleure voix féminine, le meilleur album traditionnel (…). Cela a commencé le 02 juin 2000. C’est ce qu’on avait appelé Gala Sono Mondiale. Mais qu’est-ce qu’il fallait décerner comme trophée ? je n’ai pas cherché loin. J’ai vu qu’un frère Béninois Ernest Adjovi a usurpé la Kora pour en faire un trophée de l’excellence de la culture africaine, mais qui le célébrait en Afrique du Sud. Voilà un des nos instruments qui s’éloigne de chez nous. Un autre a fait les Balafons au Gabon. Nos instruments traditionnels dont on pouvait être fiers, je les voyais partir, pour symboliser des trophées qui nous honore, mais qui ne sont pas célébrés chez nous.

C’est ainsi que je me suis accaparé du Djembé qui est d’origine guinéenne, et qui est l’instrument le plus vendu sur le plan international, afin qu’il soit symbolisé par l’événement et que les prix qui seront décernés s’appellent le Djembé. Ce qui fut fait et ça été accueilli par tout le monde. Voilà l’histoire qui lie l’instrument, propriété par excellence de la Guinée. Mais si nous-mêmes, nous ne nous en accaparions pas, demain il deviendra un instrument universel. Ne soyez pas surpris que c’est la Chine qui fait un festival du Djembé et qui donne des prix du Djembé et autres. C’est un peu ce symbole que j’ai voulu qu’on garde. Surtout qu’au même moment, l’Union Européenne (UE) avait mis au point un partenariat avec la direction de la culture que Baïlo Telliwel dirigeait.

L’UE avait tout fait pour que Conakry soit la capitale mondiale de la percussion. Une biennale internationale de la percussion a été créée grâce à la collaboration entre la direction de la culture et l’UE. La 1ère édition a eu lieu avec beaucoup d’artistes invités. La 2ème édition n’a jamais eu lieu pour des problèmes de personnes. Quand j’ai vu ce projet piétiné, je me suis dit de m’accrocher à ce gala Sono Mondiale, pour l’appeler Djembé d’or. Le trophée c’est Djembé d’or et l’événement c’est Djembé d’or.

En 2000, c’était la 1ère édition Sono Mondiale, en 2001, la 2ème c’était le gala de la culture de l’excellence, le sacre des meilleurs pour donner le trophée Djembé d’or.

Quels sont les résultats obtenus de la 1ère édition jusqu’à aujourd’hui ?

De 2000 à 2011, la vie du Djembé d’or aura été marquée non seulement par la distinction de près de 165 artistes nationaux et internationaux qui, ont effectivement reçu des distinctions. Parce qu’ils se sont fait distinguer par la qualité de leurs productions discographique et scénique.

Le Djembé d’or c’est aussi la prestation de près de 350 artistes (comédiens, musiciens, humoristes, percussionnistes, plasticiens…). Plusieurs talents naissant guinéens et étrangers ont été découverts et promus par le Djembé d’or. Ils sont aujourd’hui dans le gotha des artistes les plus sollicités.

D’une édition à une autre, le Djembé d’or aura également permis de véhiculer une bonne image de la Guinée à travers le monde, et cela grâce au partenariat que Select Communication a toujours établi avec de grands medias internationaux (RFI, CFI, Africable, TV5 Monde) et les medias nationaux qui nous ont accompagné dans cette marche d’ascension de tous les temps.

Le Djembé d’or est devenu aujourd’hui un repère qui est fixé dans l’agenda culturel national et international. Le Tamani d’or du Mali est né du Djembé d’or, les Koundé sont nés au Burkina Faso, les Cauris d’or au Sénégal, les platines d’or, les K7 d’or… Nous sommes fiers d’avoir été les initiateurs de ce genre d’événements.


Cette année, le Djembé d’or rend hommage à Miriam Makeba, la Mama Africa, pourquoi avez- vous porté le choix sur cette chanteuse, quand on sait que la Guinée a ses légendes, On peut citer Sory Kandia, Demba et tant d’autres ?

C’est un symbole pour immortaliser Miriam Makeba. Nous rendons un hommage à une icône de la musique africaine. Cette nouvelle dimension, c’est sous le signe d’une reconnaissance et d’un hommage à une combattante de premier plan de la lutte contre l’apartheid, qui avait choisi la Guinée pour passer ses longues années d’exil. Il s’agit bien sûr d’une impératrice de la chanson africaine.

Miriam Makeba qu’on appelle Mama Africa sera célébrée dans cette 11ème édition. Le Quintette Makeba sera également honorée. La nouvelle génération doit le savoir. Miriam a passé 30 ans de sa vie en Guinée, mais elle a dignement et honorablement continué son combat sur la scène avec des guinéens. Parmi les musiciens qui ont accompagné Miriam sur scène, quatre sont encore vivants et trois nous ont malheureusement quittés. C’est donc un double hommage que nous voulons leur rendre.

Mieux, Miriam Makeba a été élevée au rang de citoyenne d’honneur de Dalaba, elle a sa case ronde là-bas. Elle s’était confondue aux guinéens, en s’habillant en guinéenne, se coiffant en guinéenne (…) Elle a chanté dans nos différentes langues nationales. Il faut que nous la fassions revivre à travers cette édition, afin que la nouvelle génération sache ce que Miriam a été pour la Guinée, pour l’Afrique et pour le reste du monde.

Miriam, de son vivant a donné l’autorisation à Justin Morel Junior qui, a été son journaliste attitré, à produire sa biographie. Si tout va bien avec la maison d’édition L’harmattan Guinée, cette biographie si elle est disponible sera présentée. Le Pr. Ali Gilbert Ifono animera une conférence intitulé : « Miriam Makeba, dans le maquis de la scène ». vous apprendrez beaucoup de choses. Elle n’a pas pris le nom de Mama Africa pour rien. C’est qu’elle fait partie des combattants du premier rang de la lutte contre l’apartheid.

Dans cette 2ème décennie du Djembé d’or, à chaque édition nous rendrons hommage à une figure de la musique africaine.

A quoi est-ce peuvent s’attendre les mélomanes ?

L’ouverture de la 11ème édition du Djembé d’or aura lieu le 07 novembre 2012 à 15 heures, sous les hospices du ministre de la culture et du patrimoine historique, l’ambassade de France dont le centre culturel franco-guinéen accueil l’événement, avec le parrainage de madame l’ambassadeur de l’Afrique du Sud qui dit d’ailleurs que c’est la fête de l’Afrique du Sud.

Guinée Games est notre partenaire. Pour la petite histoire, quand nous étions à l’université Antonio Souaré, qui était membre du CA avait la responsabilité des étudiants Sud-africains. Ceci est une histoire à découvrir. Antonio Souaré est aussi le fils testamentaire de Miriam Makeba et Manager attitré de Miriam Makeba. Cet événement ne pouvait se faire sans qu’Antonio Souaré ne soit de la partie.

Les Amazones de Guinée où l’une des chanteuses (Sona Diabaté, ndlr) fut la seule et unique élève confiée par le président Sékou Touré à Miriam Makeba ; ouvriront le bal. Nous passerons ensuite au vernissage de l’exposition. Nous aurons des photos les plus inédites. Les plus officielles de Miriam Makeba seront présentées. Vous aurez l’occasion de voir des photos des dernières minutes du spectacle de Makeba, au moment même elle disait à son manager Roberto qu’elle est fatiguée et ne pouvait pas prendre son prix. Ce fut ses derniers mots, avant de s’écrouler dans les bras de son manager.

Le manager de Roberto sera là pour témoigner de ce dernier spectacle de Miriam. Elle a commencé par Pata pata et elle a terminé par Papa pata.

Après le symposium, nous passerons à la projection d’un documentaire sur Miriam Makéba d’une durée de 28 minutes où elle interviendra, et d’autres icônes de la musique qui ont suivi son modèle témoignent.

Le 08 novembre, l’exposition sera ouverte au public. Le 09 novembre, nous passerons à la remise de trophées et une soirée hommage à Miriam Makeba sera animée par des artistes qui revisiteront le répertoire de Miriam Makeba. Il s’agit notamment de Zanzi Lee Makeba, du groupe de Miriam Makeba basé à Paris. Sia Tolno, Johanna Barry incarneront Mama Africa. Maa Sané du Sénégal sera aussi de la partie et toute une pléiade d’artistes.

Merci de nous avoir reçus chez vous

C’est à moi de vous remercier !

Interview réalisée par Ciré BALDE