Moh Kouyaté, le griot des temps modernes

article mise à jour : 25 janvier 2014
Moh Kouyaté est né à Conakry. Issu de la grande lignée des griots, il baigne dès l’enfance dans la musique. Sa vie d’artiste démarre à 7 ans auprès de son père et de ses oncles qu’il accompagne au balafon lors des baptêmes, mariages et doudoumaba. Un jour, il emprunte en cachette la guitare de son père et casse une corde. Il attend la dispute. Finalement, son père lui montrera ses premiers accords.

Guitariste surdoué de sa génération, certains voient alors en lui l’opportunité d’une alternative à Sékou Diabaté l’incroyable guitariste du Bembeya Jazz. Il va se produire et jouer avec Ba Cissoko ou Sia Tolno et monter son groupe, Conakry Cocktail, avec lequel il mettra le feu à Conakry.

En 2004, il rencontre Corey Harris, grand bluesman américain. Ce dernier a un vrai coup de cœur pour Moh et l’invitera en 2006 pour une tournée aux Etats-Unis, une seconde suivra en Europe.

En 2007, il s’installe en France. Curieux de tout, il n’aura de cesse d’aller à la rencontre de ses pairs et d’échanger avec eux. Ainsi auront lieu des collaborations aussi diverses qu’avec Tony Allen, Habib Koïté, Donso, Fatoumata Diawara, avec qui il a collaboré à la réalisation de son album Fatou (World circuit), ou encore Mariama.

Griot des temps modernes à la guitare bluesy, parfois rock, son style prend racine dans les rythmes traditionnels mandingues. Bluesman chevronné et formé aux techniques du jazz, c’est avec bonheur qu’il s’aventure sur ses terrains. Avec son quintet (basse, batterie, guitare et percussions) Moh jette un pont entre les cultures, les pays, les genres et les générations. Il invite ainsi au voyage et à l’initiation.

Le single ‘’T’en vas pas, ça va pas !’’ est le premier titre issu du nouvel album de Moh Kouyaté à paraitre au printemps 2014. Dans ce morceau, on retrouve avec plaisir le jeu de guitare si caractéristique de l’artiste guinéen, une bonne dose de modernité et avec le balafon, un ancrage marqué dans le mandingue traditionnel. Chanson d’amour à la rythmique et au refrain français entêtants ! Le clip à suivre en novembre sera réalisé par Hugues Anhes, jeune réalisateur bourré de talent qui nous promet une ligne urbaine décalée.