Nabi Ibrahima Youla, grande figure africaine de Guinée

article mise à jour : 28 février 2013
Né à Kabak le 20 novembre 1918, Nabi Ibrahima Youla est le troisième enfant d’une famille polygame de 20 membres. Très tôt, il effectue sa scolarité coranique dans son village natal, sous la direction vigilante de son propre père. Ensuite, un incident "bénéfique" le fait conduire à Conakry pour y suivre un enseignement laïque, en français.

En 1934, il réussit, après moult difficultés dues à son jeune âge, son
concours d’entrée à l’école William-Ponty, au Sénégal. Tout s’arrange
par la suite avec la levée de cet obstacle. En 1937, il sort de cette
école réputée pour se consacrer à l’enseignement, à l’instar de nombre
de ses promotionnaires. Nabi Ibrahima Youla serait de la lignée de ces
garçons que l’on qualifierait aujourd’hui de "surdoués". C’est ainsi
que, parallèlement à sa brillante scolarité, il pratique avec un égal
succès le sport, notamment le football, le théâtre, la musique, le
cinéma et bien d’autres activités culturelles. l’école William-Ponty
avait alors la réputation de former des cadres polyvalents.

Enseignant, il officie d’abord à Conakry, pendant les deux premières
années, avant d’être affecté à Boké, où il rencontre des personnalités
très enrichissantes. Rappelé à Conakry de nouveau, il se livre
pleinement à son sport de prédilection : le football. Grâce à son
charisme et à son sens développé de l’humain, il parvient à faire
fusionner deux équipes rivales au sein d’une nouvelle équipe, dénommée Racing Club de Guinée, dont il sera le capitaine victorieux pendant des années. Mais Nabi Ibrahima Youla était, rappelons-le, un cadre polyvalent. Pionnier, puis président des coopératives bananières de Guinée, il occupa de hauts postes à responsabilité auprès d’éminentes personnalités, comme Modibo Keita, alors Secrétaire d’Etat français.

Mais le point culminant des hauts faits de Nabi Ibrahima Youla, au
service de son pays, se situe dans son action de diplomate avant la
lettre : ce fut la mission d’envoyé spécial de Sékou Touré auprès du
général Charles de Gaulle. Il accomplit à cette occasion une mission
exceptionnelle, en rétablissant, de fait, les relations franco-guinéennes, alors très tendues. II n’en fallait pas plus pour
lui consacrer cet ouvrage qui évoque, à juste titre, sa jeunesse, sa
vie professionnelle remplie, sa carrière diplomatique exceptionnelle
et sa retraite silencieuse. Nul doute que sa riche biographie
intéresse la postérité.