Nankoria Lancéi Condé, poète, écrivain « J’écris depuis quand je faisais le collège »

article mise à jour : 12 décembre 2013
C’est un hommage fier de l’oeuvre accomplie, de ses parents et de sa famille, Nakoria Lancéi Condé, entouré de ses principaux collaborateurs, qui a présenté dans la soirée du mercredi 11 décembre 2013, son tout premier recueil de poème édité par l’Harmattan Guinée, au grand public, dans la salle polyvalente du centre culturel Franco-guinéen, à Conakry. Une occasion qu’il a mis à profit pour rendre grâce au bon Dieu et à ses proches avant d’appeler les amis du livre à le soutenir fermement sans son aventure littéraire qui démarre à présent. Mais avant il s’est prêté aux questions de notre reporter. Dans cet entretien à bâton rompu, Nankokoria Lancéi Condé dit tout sur sa famille, sa vie administrative et d’écrivain…
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Guinee-Culture.org : On vous Connaissait comme administrateur civil, mais peu de gens savaient que vous étiez passionnés d’écriture au point d’aller jusqu’à produire un livre….

Nankoria Lancéi Condé : Je me nomme Nankoria Lancéi Condé. Je tiens à ce que le nom de ma maman précède toujours le mien. Elle est l’être qui m’est le plus cher au monde. Parce qu’elle ne s’est pas contenté de me mettre au monde, elle s’est résolument engagé dans ma construction, pour que je sois ce que je suis aujourd’hui. Malheureusement qu’elle n’est plus de ce monde. Mais, dans mon combat au quotidien, je ferai tout pour la rendre immortelle, ne se reste qu’à travers la promotion de la culture guinéenne que je défends avec la dernière énergie. Pour tout cela, comme vous pouvez vous l’imaginer, je lui voue un amour tyrannique.

On peut dire que vous avez une carrure d’homme de lettres ?

Non ! Ce serait prétentieux de ma part. J’essaie juste de poser ma petite pierre dans l’édification de la culture guinéenne restée longtemps dans l’oralité. Maintenant que c’est possible, je m’emploie à la vivre par la plume. Un combat que je trouve légitime et même obligatoire. C’est aux autres d’apprécier ce que je fais.

Vous êtes quand même homme de lettres ...

Non plus ! Je suis sociologue de formation et administrateur de carrière. En plus du fait que je suis un produit de l’université guinéenne, il m’a été donné de faire des études d’administration publique à l’étranger. J’essaie juste de traduire dans des écrits ce que je ressens en moi-même et ce que m’inspire l’environnement.

De la sociologie à la poésie, c’est un pas apparemment facile à franchir

Je ne crois pas que les deux choses soient forcément liées. L’une est une vocation et l’autre une passion. En ce qui me concerne, j’ai commencé à écrire des poèmes depuis quand je faisais le collège. J’ai très tôt commencé à écrire des textes lyriques, des contes et des essais littéraires. C’est un goût que m’a donné un neveu, le regretté Ibrahima Kalil Diaré, que son âme repose en paix. Il était un très grand homme de plume qui a écrit bien de choses, surtout sur la culture guinéenne. Il a beaucoup contribué à faire ma main.

Et le reste a marché comme sur des roulettes ?

Il faut dire que ce n’est pas aussi facile que l’on puisse l’imaginer. J’ai dû travailler dur après tout pour ma confirmation avec une dose de persévérance, les conseils des ainés, des orientant ions…le résultat ne s’est pas attendre. C’est ainsi que j’ai publié un premier recueil de poèmes intitulés ‘’Mélodie guinéenne pour la paix du cœur’’. Il faut dire que le début n’a pas été du tout facile. Au lieu de louer mes efforts en me mettant les moyens nécessaires à la disposition, certaines connaissances cherchaient plutôt à me décourager. Ainsi est faite la vie, l’essentiel est d’avoir un idéal, une vision.

Parlons à présent de ‘’Silence pluriel’’ , l’ouvrage qui vient de faire au CCFG l’objet d’une cérémonie de dédicace

Comme vous le constatez, il s’agit d’un recueil de poèmes dans lequel je parle de la femme, de la mer, de la démocratie, de la paix, de la jeunesse, de l’unité nationale, de la vie et tant d’autres choses qui plairont sans nul doute au lecteur. C’est un appel à la conscience collective, pour une Guinée unie, prospère et paisibles…pour tous les Guinéens. J’attire l’attention de l’opinion nationale sur les problèmes de notre société.

Quel est le message essentiel que vous lancer dans cet ouvrage ?

Vous savez que l’écrivain est un messager. Il fait appel à la conscience des gens, au sérieux. Dans ce recueil de poèmes, j’appelle à la paix à l’unité nationale, au pardon réciproque, au travail productif…

Certains de vos poèmes ne sont pas rimés, à la limite on peut dire que vous tendez vers le vers-librisme

Vous faites allusion à la poésie classique. Or quand on veut se donner une spécificité littéraire, il faut une orientation conséquente. C’est une manière pour moi de faire la différence avec les autres. Il faut se faire une personnalité non.

N’aurait-il pas été intéressant alors de faire la prose ?

Je vous l’ai déjà dit, c’est pour me forger une personnalité. Que serait la vie si tout le monde faisait la même chose ?

Seulement il y a que peu de gens ont le temps de lire des poèmes qui requièrent le plus souvent une certaine concentration pour la compréhension.

La poésie a joué vous le savez un rôle important dans la décolonisation de l’Afrique et dans bien d’autres combats. Allez-y vous référer aux poèmes de Léon Gontran Damas, d’Aimé Césaire, Léopold Sedar Senghor et autres. Ils ont contribué à éveiller les consciences collectives. Il ne serait pas normal de tourner le dos à ce genre littéraire.

C’est dire que vous vous défendez d’écrire en prose

Il n’est pas dit que je m’enferme dans un domaine littéraire spécifique. J’ai d’outres ouvrages en chantier que j’ai préféré rédiger en prose. Mais j’ai estimé qu’il fallait valoriser la poésie qui est un genre littéraire intéressant. Il vous souviendra que pour aguerrir les élèves depuis l’école primaire, on les initie aux textes poétiques. Je profite donc de l’occasion pour demander aux autorités éducatives de mettre l’accent sur l’enseignement de la poésie dans les écoles. Pour que dès le primaire les jeunes en soient initiés pour leur participation active à la promotion de la culture guinéenne.

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