’’Nous envisageons d’organiser le premier grand salon culturel de la Guinée en France’’ dixit le président de l’AJGF, Mamadou Boubacar Diallo

article mise à jour : 16 janvier 2013
L’Association des Jeunes Guinéens de France (AJGF) est sans doute l’une des plus dynamiques associations de la diaspora guinéenne. En novembre dernier, elle a pu organiser le premier forum de l’emploi Guinéen à l’étranger. Un événement qui a été rendu possible par la collaboration de l’AJGF avec le ministère guinéen de l’emploi, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Récemment une délégation de l’AJGF s’est rendue à Conakry pour procéder au lancement des travaux de rénovation et équipement de l’école primaire de Timbi Tounni et procéder à la remise officielle des clés de l’école primaire de Cité de l’air-Conakry Gbessia. Cette association entend maintenir la dynamique enclenchée en capitalisant sur ses acquis pour les rendre davantage pérennes. Notre rédaction a rencontré le président de l’AJGF, Mamadou Boubacar DIALLO pour une interview exclusive. Lisez !

Guinée Culture : Depuis quand l’AJGF a été créée et quels sont ses objectifs ?

Mamadou Boubacar DIALLO : Bonjour, avant de répondre à votre question, permettez-moi d’abord de vous remercier de m’avoir donné l’opportunité de m’adresser à mes compatriotes à travers votre site pour parler de l’association que j’ai l’honneur de diriger.

Pour revenir à votre question, l’AJGF, entendez bien l’Association des Jeunes Guinéens de France est une association apolitique à but non lucratif régie par la loi 1901 dont le siège se trouve dans le 19ème arrondissement de Paris. Elle a été créée en 1997 et a pour objectifs de fédérer les Guinéens de France autour des activités culturelles et sportives, des actions de solidarité, de conférences-débats, de projets de développement mais surtout d’encourager les jeunes à œuvrer pour le développement de la Guinée. Elle sert également de passerelle entre les guinéens de France et ceux de la Guinée.

Son bureau est composé de 7 membres : un président, un vice président chargé de la communication et des relations extérieures, un trésorier, un secrétaire général qui pilote 3 secrétariats à savoir celui de l’animation culturelle et sportive (sacs), celui de l’intégration et de l’insertion professionnelle (siip) et celui des affaires sociales, à la vie scolaire et universitaire (sase). Elle est dotée aussi d’un conseil d’administration composé de 17 membres et une commissaire aux comptes. Elle dispose en outre d’une commission projets chargée d’élaborer les projets humanitaires vers la Guinée, d’un pôle partenariat chargé de nouer des contrats gagnant-gagnant entre l’association et des structures externes, et d’un pôle Guinée chargé de veiller à la mise en place de nos projets au pays. Enfin, l’association siège au conseil d’administration du Forum des Organisations de Solidarités Internationales Issues des Migrations (Forim) et occupe deux postes au sein de la Coordination des Associations Guinéennes de France (CAGF), le poste du président et celui du trésorier.

Quelles sont les actions que votre association a déjà réalisées en France ?

Depuis sa création, l’AJGF n’a cessé d’œuvrer pour la communauté guinéenne de France. Parmi les principaux actifs de l’association en France, nous pouvons citer notamment, l’accueil et l’orientation de nouveaux étudiants Guinéens arrivant chaque année en France, l’obtention auprès de l’ambassade de Guinée en France de la prorogation gratuite des passeports des étudiants Guinéens. L’organisation, en 2008, d’une conférence-débat sur le thème « Quelles approches économiques pour la Guinée à l’ère de la mondialisation ? » suivie d’une autre en 2009 en collaboration avec l’école des mines de Paris sur le thème « Secteur minier et minéralogie, formations et perspectives d’avenir pour la Guinée ». Ces conférences ont connu un grand succès à l’époque et des extraits ont fait l’objet de publication aux éditions Harmattan.

Depuis 2008, nous portons le projet Miss Guinée France, nous sommes pionnier de l’organisation d’élection miss à l’extérieur de la Guinée. Actuellement, nous préparons la 6ème édition qui aura lieu le 1er novembre 2013 à Paris. Nous organisons aussi des soirées dansantes et des pique-niques géants.

Le 30 juillet 2011, nous avons tenu un tournoi de football inter-préfectoral qui a regroupé 8 préfectures de la Guinée au centre sportif de la chapelle. Le 12 novembre 2011, s’est tenu un atelier de formation aux techniques de montages de projets. Ceci a permit d’expliquer aux participants les différentes étapes du montage d’un projet en vue d’acquérir un financement au près des bailleurs de fonds. Nous récoltons et acheminons des matériels scolaires et informatiques vers la Guinée. À cela s’ajoute plusieurs activités d’ordre sociales (baptêmes, mariages, soutien moral et financiers).

Parlons maintenant de vos réalisations en Guinée ?

Les membres de la commission projets de l’AJGF effectuent un travail formidable pour obtenir des financements destinés à mettre en place des projets de développement en Guinée.

Nous avons rénové 7 classes de l’école primaire et du collège de Timbi Tounni. Nous venons d’acquérir un financement de quatre vingt quinze milles euros pour étendre les travaux de cette école en installant un centre informatique. L’idée est de faire de Timbi Tounni une plate forme éducative. Nous venons de procéder au lancement des travaux.

Au mois de juillet, en collaboration avec l’Association Sciences Po pour l’Afrique (ASPA) nous avons rénové et équipé l’école primaire de Nongo à Conakry dans la commune de Ratoma.

Nous venons de clôturer les travaux de rénovation et d’équipement de l’école primaire de cité de l’air de Conakry Gbessia dans la commune de Matoto. Le coût total du projet était de 22 milles euros dont 15 milles euros financé par le ministère de l’intérieur français à travers le Forim et 7 milles euros déboursé par l’AJGF et les collectivités locales.

Votre zone d’Intervention se limite t-elle seulement en France et en Guinée ?

L’AJGF est au service des guinéens partout où ils se trouvent. C’est pourquoi, nous répondons souvent aux différentes sollicitations des autres comités miss Guinée de la diaspora pour partager notre modeste expérience.

La promotion de la culture figure parmi vos priorités, quelles actions concertes faites-vous ici en France pour vendre le profil culturel de la Guinée ?

Nous œuvrons beaucoup dans la promotion de la culture guinéenne en France. Le comité miss Guinée France s’active pour participer à tous les grands événements culturels en France. L’élection miss Guinée France est un tremplin pour vendre la culture guinéenne dans l’hexagone. Elle est devenue le plus grand événement culturel guinéen à l’extérieur du pays. C’est un grand moment populaire qui regroupe chaque année, depuis 2008 plus de 1 000 personnes pour magnifier la beauté et la culture guinéenne. L’élection miss Guinée France, c’est la beauté au service du cœur car la miss élue effectue un séjour humanitaire en Guinée pour mettre en place son projet.

Aussi, nous envisageons d’organiser le premier grand salon culturel de la Guinée en France. Cet événement a pour but de présenter notre richesse culturelle, notre histoire, nos objets artisanaux, nos tenues vestimentaires, nos lieux touristiques.

L’AJGF est devenue aujourd’hui une passerelle entre les jeunes guinéens de France et ceux qui sont en Guinée. Faites-nous le bilan de vos activités en 2012.

En 2012, nous avons travaillé à travers nos « Super Saturdays » sur 4 projets dont deux ont été financés. Il s’agit du projet de Timbi Tounni « Amélioration de l’efficacité et de la performance de l’école primaire et du collège de Timbi Tounni à PITA » financé à hauteur de 95 mille Euros, celui de cité de l’air « Rénovation et équipements de l’école primaire de cité de l’air » à Gbessia financé à hauteur de 15 mille Euros. Les projets de « Mise en place d’un Bibliobus à Conakry » et enfin celui de la « Campagne de sensibilisation de la lutte contre le VIH/Sida à Sangaredi » n’ont pas trouvé d’issue favorable.

Le 14 janvier 2012, une autre conférence-débat sur le thème « Rôle et la place de la diaspora pour le développement socio-économique de la Guinée » a eu lieu à la mairie du 20ème arrondissement de Paris. Cette conférence a connu la participation d’imminentes personnalités qui ont traité ce sujet avec passion. Le 25 février 2012, nous avons organisé un atelier de formation aux techniques d’entretiens d’embauches, de rédaction de CV et de lettres de motivation. Le but de cet atelier était de préparer aux candidats à la recherche d’un stage ou d’un premier emploi à affronter le marché de l’emploi.

Comme je disais tant tôt, nous avons également réalisé la rénovation de l’école primaire de Nongo en collaboration avec l’Association Sciences Po pour l’Afrique.

Ensuite, nous avons réussi à organiser, en collaboration avec le ministère de l’emploi, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle le premier forum de l’emploi guinéen à l’étranger. Dénommé « Talents Guinée 2012 », ce forum s’est déroulé les 09 et 10 novembre 2012 à la mairie du 20ème arrondissement de Paris.

Sur le plan culturel, nous avons réussi à organiser la plus réussie de l’élection Miss Guinée France. Sur tous les plans, nous avons établi des records. D’ailleurs nous sommes cités parmi les leaders dans l’organisation de concours de beauté communautaire en France au-delà d’être déjà le premier évènement culturel de la diaspora guinéenne. Aujourd’hui nous enregistrons une forte sollicitation de la Miss partout en France et à l’étranger.

De plus, la Miss Guinée France 2012, Tiguidanké Touré a réussi à réaliser son projet humanitaire qui est la lutte contre l’insalubrité dans la ville de Conakry. Elle a notamment nettoyé, en compagnie des autorités guinéennes la plage de Rogbané, ramassé des ordures dans certains quartiers de Conakry. Ce succès est obtenu après un travail minutieux en amont de nos membres et qui s’est soldé par le financement du projet de la Miss à hauteur de 5 mille euros par le ministère de l’environnement guinéen.

La Miss Guinée France 2013, Indira Barry élue le 1er novembre 2012 s’apprête à aller en Guinée pour son projet humanitaire qui est la lutte contre la drépanocytose.

Le 25 août 2012, dans l’idée de fédérer et de fraterniser les Guinéens de France, nous avons tenu un pique-nique géant au parc de la villette. Cette rencontre a permis aux membres de l’association de se retrouver pour partager ensemble ces quelques instants très particuliers.

Au cours de l’année 2012, nous avons eu 3 soirées dansantes (RED CARPET en Avril, Soirée Miss Guinée France en novembre, CHIC & GLAM du 29 décembre). Ces soirées ont connu un succès fulgurant grâce à toute la communauté guinéenne de France, de l’Europe et d’ailleurs.

Durant le mois de décembre 2012, une délégation de l’AJGF s’est rendue à Conakry pour procéder aux lancements des travaux de rénovation et équipement de l’école primaire de Timbi Tounni et procéder à la remise officielle des clés de l’école primaire de Cité de l’air-Conakry Gbessia.

Au-delà de tous ces projets durant l’année écoulée, l’AJGF a été aussi active dans le domaine social. Nous avons voulu être proches des guinéens de France dans leur joie et dans leur peine. C’est pourquoi, nous avons participé aux levées de fonds pour le rapatriement de corps de nos ressortissants décédés dans l’hexagone. Nous avons également partagé les moments de bonheur de nos compatriotes à travers des mariages et des baptêmes.

Actuellement, nous disposons de 52 cartons de livres que nous allons acheminer dans les semaines à venir en Guinée pour être distribué dans les écoles.

Comme vous le constaterez, l’année 2012 fut une année très riche en termes d’activités pour l’association. Ceci n’aurait pas été possible sans l’engagement, la détermination de nos membres. Je tiens donc à leur adresser ici mes plus vifs et chaleureux remerciements. Ces jeunes étudiants et jeunes cadres parfois mariés s’investissent bénévolement dans l’association. Je tiens à les féliciter et à leur signifier toute mon admiration.

L’AJGF encourage aussi le retour des cadres guinéens vivant en France pour retourner au pays, une tâche surement pas facile, comment vous y prenez vous pour ce retour ?

Vous savez, la plupart des cadres guinéens de la diaspora souhaitent rentrer pour servir leur pays. Donc à partir de ce constat, ce n’est pas assez difficile de les convaincre. L’une des missions principales du secrétariat à l’intégration et à l’insertion professionnelle (siip) est de faciliter le retour des diplômés guinéens au pays. C’est dans ce cadre que nous avons organisé le premier salon de l’emploi guinéen à l’étranger dénommé " Talents Guinée 2012" en collaboration avec le ministère de l’emploi, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Ce salon a vu la participation de plus de 800 candidats et d’une trentaine d’entreprises publiques et privés évoluant dans divers secteurs d’activité en Guinée. Cet événement, premier du genre a permis aussi de mettre en avant l’attractivité de la Guinée pour les investisseurs, entrepreneurs et chercheurs d’emplois de la diaspora. Des contrats de travail et des stages sont en cours de signature dans certaines entreprises. Nous travaillons aussi avec l’Agence Guinéenne pour la Promotion de l’Emploi (AGUIPE) pour permettre aux entreprises guinéennes de recruter des compétences que les entreprises ne peuvent disposer en Guinée. Ensemble, nous préparons la 2ème édition de ce forum. Egalement, nous diffusons régulièrement des offres d’emplois guinéens à nos membres.

Merci M. le président de nous avoir reçu et à très bientôt en Guinée.

Merci à vous aussi !

Interview réalisée par Ciré BALDE


*Retrouvez toutes les informations sur l’Association des Jeunes Guinéens de France (AJGF) sur : www.ajgf.org