Nouvelle révélation de la Musique Reggae en Guinée

article mise à jour : 17 octobre 2012
« Original Winda », Ibrahim Condé de son vrai nom est un jeune artiste reggaeman de 24 ans qui a le vent en poupe. Dans les quartiers de la haute banlieue de Conakry sa côte de popularité grimpe un peu plus à chaque occasion qu’il se présente aux mélomanes, sur le podium d’un évènement culturel. Il est animé d’une rage de conquérir le monde et de continuer la lutte de Bob Marley, son principal mentor. Cette ambition n’est pour autant pas à porter de main même si son portrait révèle le parcourt d’un jeune musicien promis à un bel avenir.

Comme la plupart des artistes de sa génération, Ibrahim Condé a intégré le monde de la music par passion. Il a fait ses armes d’homme public à l’âge de 17 ans dans un groupe de danse « IBC Musica » à Kindia, sa préfecture natale.

Mais son succès dans les « shows de la rue » et Boite de nuit de la région des agrumes n’a été que de courte durée. Son cœur basculera quelques années plus tard vers la musique reggae. Arrivé à Conakry, il intègre le monde de la musique reggae et continu à faire raisonner son style à travers les instruments traditionnels guinéens tels que le djèmbé et la Cora.

Original Winda qui signifie littéralement en langue pular, le destin déjà écrit, c’est aussi l’histoire d’un jeune reggaeman guinéen à avoir effectué en 1999 un voyage au Mali avec l’ultime objectif de conquérir de nouveaux looks. Ce moment précieux de périple lui a ouvert des relations avec Habib Koita, Tatapom, Fangafin entre autres grosses pointures de la musique malienne. Dès son retour en Guinée, il a participé à plusieurs activités et mouvements culturels.

En 2008, il a posé ses cordes vocales sur « Naturel reggae », la première compilation de la musique reggae du pays, aux côtés de nombreux autres jeunes talentueux du même genre musical. Depuis, il a noué des relations fructueuses avec ses pairs. Pour le moment pas de brouille avec ceux-ci. « Entre nous il ya la paix. Quand on se rencontre on se partage tout ce qu’on a », dit-il.

Le jeune homme aux sourires complices lance l’idée de solidarité entre les musiciens par ricochet entre tous les guinéens. S’adressant particulièrement à ses grands frères Takana Zion et Elie Kamano dont les relations ne sont pas au beau fixe, Original Winda leur dit de fumer le calumet de la paix pour l’épanouissement du mouvement reggae dans son tiroir. « Leur guéguerre ne fait pas la fierté des plus jeunes. Il faut qu’ils se donnent la main pour faire avancer le pays. Ils ne gagneront rien en se faisant la guerre », s’est-il contenter de dire simplement.

Son ambition est de conquérir le monde…
Le rêve du jeune Ibrahim Condé est plus grand qu’on ne puisse l’imaginer. Poursuivre le combat de Bob Marley ou le « pape du reggae » anime ce rasta et son quotidien n’est consacré qu’à cela. Une mission pas du tout facile mais non plus difficile pour lui. Aujourd’hui, son répertoire compte plus de six Albums. La majorité de ses titres inspirés par les faits de société prône l’unité, la paix et l’amour entre les hommes. Il attend son premier producteur pour faire valoir ses œuvres au près du grand public.

Winda se dit rastafariste par le mouvement et véritable pratiquant de la religion musulmane. A ses heures creuses, il écoute les œuvres d’Alpha Blondy, Tiken Dja Fakoly et Lucky Dube… et en Guinée il fouille souvent dans les albums de Takana, Elie, Alpha West et d’autres reggamens guinéens.
Moussa Diawara