Page noire : Le metteur en scène Souleymane Koly est décédé

article mise à jour : 1er août 2014
La mort a frappé à nouveau à la porte la famille culturelle de Guinée. Souleymane Koy Kourouma, Producteur, metteur en scène, réalisateur, chorégraphe, musicien, scénariste et fondateur de l’ensemble Koteba, est décédé ce vendredi matin à son domicile des suites d’une crise cardiaque.

L’homme de culture est rentré définitivement en Guinée pour répondre à l’appel de son ami, Ahmed Tidjani Cissé, ministre de la culture qui l’avait nommé conseiller spécial chargé du développement culturel.

Souleymane Koly Kourouma plus connu sous le nom de Souleymane Koly est de ceux qui ont consacré l’entièreté de leur vie à la promotion des valeurs culturelles du continent. Chorégraphe, danseur, auteur, metteur en scène et producteur, Souleymane Koly, équivoque à lever tout de suite, est guinéen à cent pour cent comme lui-même l’a rappelé un jour devant des étudiants de l’ISAG de Dubréka au cours d’une conférence. Il est né le 18 août 1944 à N’zérékoré dans le sud de la Guinée.

Son diplôme de bac en sciences expérimentales en poche (lycée Donka), il arrive en France où il obtiendra successivement un DEA en sciences sociales appliquées à la Sorbonne et un diplôme du Centre études littéraires et scientifiques appliquées également à Paris.

Le parcours professionnel et artistique de l’homme est des plus exceptionnels sur le continent. C’est entre 1966 et 1971 toujours dans la capitale française qu’il jeta les linéaments de ce qui cette grande aventure humaine en compagnie de son ami, Ahmed Tidjani Cissé, actuel ministre de la culture de la guinée. Les deux créèrent à cette époque l’ensemble « Kaloum tam tam » qui rencontra un grand succès d’abord en métropole puis au pays.

Mais ce qui servira de déclic à la riche carrière de l’homme, et d’ailleurs son histoire y est intimement liée, c’est la fondation en 1974 à Abidjan de « l’ensemble Koteba d’Abidjan ». Depuis, le groupe compte à son actif 22 spectacles de belle facture sur différentes scènes du continent.

Presque 20 ans après, Souleymane Koly fondera le groupe « les go de Koteba » en 1993 à Abidjan. Trois ans plus tard, il lancera le JBand « Jeune ballet d’Afrique noire », cette fois dans le domaine de la danse. En 1998, Koly s’essaye au septième art en créant le personnage de Moussa, le taximan, avec Dominique Guihot, une série réalisée par Henri Duparc et Maka Sidibé. A cela s’ajoute deux courts métrages intitulés « la vie platinée » et « l’enfant lion ».

Sur un plan tout à fait professionnel, pendant dix ans, c’est-à-dire de 1961 à 1971, Koly est chargé d’études à la SERI-Renault-Ingineering à Paris. Revenu à Abidjan, il a été Directeur du département des arts et traditions populaires à l’INA de 1971 à 1973. Par la suite, il est expert sociologue au ministère ivoirien du Plan avant d’être sociologue consultant auprès de l’UNESCO, de l’Union Européenne, de la Coopération Française et de divers gouvernements africains et cela depuis 1984.

Ce parcours singulier vaudra à l’homme, respect, considération, mais aussi des distinctions de tout acabit. Entre autres, Souleymane Koly est chevalier des arts et lettres de Côte d’Ivoire en 1992, Chevalier dans l’ordre du mérite français en 1997, Chevalier dans l’ordre du mérite ivoirien en 2001 ; il obtient en 1992 le Grand prix de l’Afrique en créations et devient membre de l’académie des sciences, des arts et de la diaspora en 2004.

Revenu en Guinée depuis peu, Souleymane Koly est actuellement conseiller spécial chargé du développement culturel, de son ami ministre de la culture et du patrimoine historique, Ahmed Tidjani Cissé. Tout un parcours qui mérite d’être fêté et connu des nouvelles générations.