Promotion de l’Alphabet N’Ko : la Guinée brille par son absence

article mise à jour : 22 mai 2013
L’académie scientifique de l’Alphabet N’ko était devant la presse ce mercredi 22 mai. Objectif, présenter les réussites de cette écriture à l’occasion de la 64ème anniversaire de l’œuvre de Souleymane Kanté.

Les conférenciers ont à l’entamé présenté les objectifs de l’organisation Académique de l’Alphabet N’Ko (NKO-DOUMBOU), qui est un organisme des professeurs N’Ko, des chercheurs, des scientifiques, des volontaires, amis de Guinée et d’ailleurs, à but non lucratif et à caractère apolitique. Selon les conférenciers, l’ambition de cette académie est de dominer par la recherche de stratégies de lutte contre l’analphabétisme. Aussi, élargir sa vision aux autres domaines de développement communautaire, tel que : la santé, l’éducation, le leadership féminin.

Au cours de cette rencontre avec les hommes de médias, le secrétaire général de l’organisation, Nafadji Sory Condé, après avoir fait un bref aperçu sur l’invention de l’alphabet N’Ko, a présenté les publications faites dans l’écriture N’Ko, son enseignement dans des grandes écoles et universités africaines et occidentales. « Les universités qui enseignent le N’Ko comme matière ou comme programme : 2002, université du Caire en Egypte. 2003, Institut n’Ko à Philadelphie aux Etats Unis. 2003, unisversité d’Indiana aux Etats unis. 2008, univsersité de Madrid en Espagne. 2009, université de d’Etat de saint Petersburg en Russie. 2011, INALCO, institut national des langues et civilisations Orientales à Paris. 2011, université de Harvard à Boston aux Etats Unis. Et, l’Université de Philadelphie aux USA », a-t-il déclaré.

Ensuite, pour le N’Ko face à la nouvelle technologie de l’information et de la technologie, il citera entre autres, la création des premiers sites internet en N’Ko, en 1998. L’incorporation du n’Ko dans le Windows, en 2001. L’incorporation du N’Ko dans l’Unicode, en 2005. Le N’Ko dans le windows 7, en 2008. Le N’ko dans les appareils iPhone, iPad et Mcintoch, en 2011. Et, le N’Ko dans le Windows 8, en 2012  ».

Malgré ces avancées, l’académie a signalé l’absence de notre pays pour la promotion de cette écriture, dont elle est le berceau. Les autres pays et africains seraient plus intéressés par cette écriture que les autorités guinéennes, a déploré les conférenciers. « 64 ans après la création de cette écriture, la Guinée n’a pas instauré l’apprentissage de cette écriture dans son système d’enseignement. Alors que d’autres pays l’ont fait ».

Cette absence de la Guinée pour la promotion de l’écriture N’Ko et son rayonnement sur le plan international a été aussi évoqué. « La lettre de trois pays devraient permettre l’intégration du N’Ko dans le système d’exploitation de Microsoft. La Guinée n’a pas répondu à cette demande. Seuls le Mali, le Sénégal et la Côte d’Ivoire avaient répondu à cet appel. Chose qui a rendu possible cette application », a dénoncé M. Condé.

Malgré sa faible utilisation dans le pays, les conférenciers ont donné les dernières statistiques sur l’utilisation de cette écriture. « En 2012, 1.100.000 guinéens utilisent le N’Ko et dans 850 agglomérations (villes et villages)  ».

Par ailleurs, les conférenciers ont lancé un appel aux hommes de culture africains, afin de s’approprier de cette création d’une portée exceptionnelle. « L’académie N’ko invite les intellectuels africains à se servir judicieusement de l’alphabet N’ko pour faire la promotion de nos langues. Sans démagogie, les tournures d’un peuple ne peuvent se saisir que dans sa langue nationale  ». Avant d’exprimer leur volonté d’engager un partenariat technique avec les ministères en charge de l’éducation nationale, de la recherche Scientifique et de l’alphabétisation, pour faire la promotion de nos langues nationales afin que la Guinée rejoigne sa place dans le concert des nations émergentes.

Pour rappel, l’Alphabet N’Ko fut inventé le 14 avril 1949 à Bingerville en Côte d’Ivoire par le Savant Guinéen Soulémana Kanté. L’invention de cet alphabet phonétique qu’est le N’Ko lui a permis de rédiger en 38 ans plus de 183 livres.