‘‘Quand on appartient à une certaine couche éclairée de la société, il faut s’impliquer dans la recherche de la paix…’’ dixit Paul Faber, auteur des recueils de poèmes A qui la victoire ? Cahier d’amour…

article mise à jour : 6 octobre 2011
A qui la victoire ? C’est un recueil de poème qui met au devant de la scène la mort. A qui la victoire ? C’est aussi un vaccin contre le fatalisme face à cette chose « infaillible ». Pour gagner ce combat titanesque, le leitmotiv s’appelle : Travail. Cahier d’amour. Oui ! l’amour que chantent les poètes depuis des siècles. Faber rejoint bref dans cette œuvre la famille des Ronsard. Ces deux recueils vous disent certainement quelque chose. Certes pour les âmes de la culture, et non les damnés ! Écrivain, poète, essayiste mais aussi analyste à ses heures, Paul Faber est tout sauf ces scribouillards qui pullulent notre cité. C’est une plume majeure qui a aujourd’hui la côte boursière au vert. La mort, l’amour, la paix, la poésie, et tutti quanti, Paul Faber nous titille encore une fois l’esprit dans cette interview exclusive qu’il accorde à votre site de référence. Lisez plutôt...

Guinée-culture : Pourquoi parler de la mort ?

Paul Faber : En fait, nous vivons dans une dualité éternelle. Cette dualité, elle existe dans tout ce qui concerne la vie. De la même façon qu’il y a de la vie, l’autre partie de cette vie est la mort. Il y a le bon et le méchant. Il y a comment dirais-je le grand et le petit. Il y a le monde et le néant. Donc nous vivons constamment dans cette dualité qui caractérise un peu la vie. Ce pourquoi, je parle de la mort, c’est parce que tout ce que l’homme fait dans la vie à une fin généralement. La vie de l’homme étant limitée, le problème qui se pose est que quand on a eu cette vie, c’est comment la rendre positive. Comment la vivre sachant que la mort vous attend devant. C’est une problématique sérieuse qui se pose et qui fait que l’homme finalement n’ayant pas le choix. Il n’a pas demandé à venir. Mais il vit sa vie. La finalité, c’est la mort. Donc il faudrait avoir une démarche positive en intégrant la mort à la vie. Parce que ça fait partie de nous. Même les cellules que nous avions naissent, vivent après et meurent. La vie, c’est la même chose. Tout ce que nous créons, c’est la même chose. Il y a l’évolution, la maturité et la finalité. Pour pouvoir apporter le maximum qu’il faut à la vie, il faut pouvoir justement se projeter après la mort. Pour illustrer cela, je vais reprendre une citation d’Albert Einstein : « Ce que vous faites pour vous, disparaît avec vous. Ce que vous faites pour les autres, reste éternel. » Donc ça résume tout. Il faut positiver cette mort. Se projeter au-delà. C’est ce pourquoi j’ai été inspiré de parler de cette mort ; en la regardant en face. On ne peut pas la fuir parce que c’est une chose infaillible. J’ai une vieille tante qui me disait : « La chose la plus infaillible du monde, c’est la mort. » Quand on vit, on est obligé de passer par-là.

Pensiez-vous que l’unique solution pour l’homme de se projeter au-delà de la mort est les œuvres littéraires ?

Justement… Moi je ne situe pas ça seulement à un niveau littéraire. Je situe ça à un niveau de poser des actes positifs qui puissent apporter quelque chose à la société qui puissent se perpétuer à travers les âges. Ce qui veut dire que même quand on a disparu, on reste présent dans la mémoire à sa façon. Le père de famille donne de bonnes valeurs. En tout cas, ce qu’il estime être bons, il la donné à sa famille, il la donne à ses enfants, ils la donne à son entourage. Quand il disparaît, il continue à se perpétuer. Il continue à vivre à travers ceux-ci, à travers la continuation des valeurs qu’il aurait transmise. Par rapport aux œuvres, ce n’est pas uniquement les œuvres littéraires. Mais c’est d’un point de vue général, d’un point de vue transmission des connaissances, transmissions de cette culture qui nous caractérise tous.

Parlons toujours de cette mort. Votre façon à vous de vous projeter au-delà de la mort est (Citation) : « Tu ne m’empêcheras pas de travailler / tu ne m’empêcheras pas de creuser / avec ma houe le vaste champ de la science. / Tu ne m’empêcheras pas de la chercher / à comprendre les hommes, / non plus, / de donner à mes semblables / les infimes parties de mon cerveau, pour que je reste ici-bas, en esprit, et dans tous les consciences en disparaissant avec toi, parce que mon nom, et mon savoir seront gravés partout, / Même dans le chant des cloches / que les oiseaux reprendront pour chanter à travers le monde. » Ne trouviez-vous pas que pour que vous soyez projeter au-delà de cette mort, il faudrait être lu ?

Oui d’accord… Mais ne ramenez pas ça à moi au fait. Quand je dis que je vais me perpétuer, continuer à exister, me confondre à ma poésie, à mon rêve, tu te confonds à ma vie, je ferai ma poésie. Je continuerai de rêver. O Mort ! Je t’accepterai avec philosophie / Tu ne m’empêcheras pas / Jamais de dormir même quand je verrais par ta faute les larmes de la nouvelle nourrice en détresse. En fait ce n’est pas à travers moi que l’accomplissement se fait. C’est à travers l’accomplissement justement de la culture dans la société que le miracle s’opère pour finalement tenir cette mort en échec. Parce qu’en fait, les générations se suivent, se succèdent mais se perfectionnent. C’est ce que vous avez quand je dis « creuser le vaste champ de la science ». Elle évolue …. Il y a deux cents ans quand on était atteint d’une maladie vénérienne, on était marginalisé et on en crevait. Aujourd’hui, tout ça s’est du passé. IL ya d’autres fléaux certes que nous vivons. Mais la science réduit les souffrances. C’est pourquoi j’ai dit qu’il ne faut pas être fataliste. Tout ça justement c’est pour combattre la fatalité. IL y a certain qui se laisse aller pour dire à quoi ça sert de travailler. A quoi ça sert de souffrir chaque jour pour accueillir de grandes choses ou faire de grandes réalisations alors que la mort détruit tout après. Donc c’est pour combattre cette fatalité. C’est pour combattre ceux qui sont oisifs pour leur dire qu’il ne faut pas se laisser aller. Parce que la mort est une barrière. Parce que la mort met fin aux actes personnels. Je dis non ! Il ne faut pas se laisser aller. Il faut continuer à travailler. Et tout ce que nous faisons de bien profitera aux autres générations. Alors pourquoi ne pas travailler ? Il faut travailler…

Toujours dans ce même recueil de poèmes, dans le dialogue du Masque et l’Africain vous dites : « Eduque les jeunes hybrides, la jeunesse d’aujourd’hui. » Ne pensiez-vous pas que nous sommes tous des êtres hybrides sous l’effet de la mondialisation ?

En fait, Le regard du masque, il faut bien le préciser, est un dialogue sourd qui s’établit entre l’Africain et le Masque qui constate la dégradation des mœurs, en Afrique et la perte de son africanité. C’est la problématique du rôle du Masque qui se pose maintenant. Avant, nous étions dans une tradition orale bien poussée. Nous étions un peu dans une culture un peu fermée au monde extérieur. Le Masque jouait un rôle important. Toutes ces coutumes et mœurs dépendaient du Masque. Quand on voulait une bonne fécondité au foyer, on faisait recours au Masque de la fécondité. Quand on voulait avoir une pluie abondante, on faisait appel au masque. Quand on faisait l’initiation de la jeunesse, l’initiation dans les sociétés sécrètes, tout cela se passait avec le Masque. Donc le Masque occupait une position importante de la tradition africaine, de la tradition orale. Il y avait d’ailleurs même des personnages incontestables qui étaient les gardiens du Masque qui vivaient t avec la chefferie. Maintenant, nous sommes tombés dans la modernité, il y a un problème qui se pose. Elle était un point de repères. On avait des références. On avait l’initiation coutumières qui donnait beaucoup d’enseignement, qui faisaient qu’il y avait une certaine éthique que la jeunesse, les hommes suivaient. Aujourd’hui donc, compte tenu du fait que nous sommes tombés dans la modernité, c’est la plupart de ces cérémonies qui ont disparu, il y a des problèmes pour avoir des garde-fous pour ce qui est du comportement dans la société. Certes aujourd’hui le phénomène s’est substitué par les nouvelles lois que nous avions mises en place. Cependant il se trouve qu’il y a beaucoup de valeurs qui sont piétinées. Notamment le respect d’autrui, le droit de naisse, le code de l’honneur, la gérontocratie et tant d’autres. Il y a beaucoup de ces valeurs qui sont piétinées aujourd’hui. Cette remise en cause qui s’établit ici dans ce poème, dans 7 poésie romanesque se trouve entre le Masque et la société moderne.

Retournons un tout petit peu dans A qui la victoire ? Vous dites : « l’évangile a raison, / La mort n’est pas une fin, mais une continuité, un changement de vie. » Par ailleurs, dans le Regard du masque, vous dites : « Nos morts ne sont pas morts, / ils ne nous ont jamais abandonnés, / ils vivent parmi nous. » L’une expose la chrétienté, donc l’occident. L’autre, l’idéologie des ancêtres, donc l’africanité. N’est-ce pas aussi une façon pour vous de laisser entrevoir votre ‘‘ hybridité’’ ?.

En fait quand je parle de personnages ‘‘ hybrides’’, ce n’est pas au sens péjoratif du terme. Ce qui est sur, nous sommes dans un monde planétaire. Donc nous sommes dans un monde planétaire, Senghor disait que l’avenir ne se fera que dans le métissage… C’est vrai. Je ne cache pas d’ailleurs que je suis issu d’un métissage profond voire forcé. Je fais parti de ce qu’on appelle des personnages hybrides. C’est vrai. Mais ce qui est important ici c’est de rester soi-même. Ce qui est important ici, c’est de croire à certaines valeurs puissantes de la société. C’est de pouvoir s’assumer dans son originalité. Nous devons conserver nos valeurs africaines et intégrer ce qu’il y a de positif de l’extérieur. En faisant cela, nous sommes sur que nous allons connaître une évolution intéressante qui aille dans le bon sens pour qu’on soit de véritable citoyen du monde.

Parlons du recueil Cahier d’amour. La question qui me taraude l’esprit est : Est-ce que vous vous définissiez comme étant le poète de l’amour ?

Quand j’ai fait la dédicace de ce livre, quelques jours après il y a des amis qui m’appelaient le poète amoureux. Je résume la vie en société aux relations humaines. Elles reposent d’abord sur l’Amour, sur la confiance et sur la volonté de chacun de vivre en harmonie dans la société. Alors à ce niveau vous comprendrez que l’amour est un peu disons le socle. C’est la base. Personnellement, en que poète, je suis à l’aise quand je commence d’abord par l’amour. Je me suis dit que le poète doit magnifier l’amour et la beauté. Pour la petite histoire d’ailleurs, c’est à la suite d’une déception amoureuse que j’ai écrit mon premier poème. (Rire) Je vous laisse le souhait d’apprécier. (Rire) Prenez ça comme vous voulez. Mais pour moi c’est important. Dans ce recueil de poèmes justement c’est l’Amour finalement. L’Amour avec la personne qu’on aime, c’est l’amour de sa maman, l’amour filial, paternel, avec son enfant, c’est l’amour qu’on vit en étant bien avec tout le monde. C’est un peu ça. Au début, j’aimais tellement mon épouse que je lui ai dit que je vais lui faire un Cahier d’amour. C’est dors cependant que je la regardais dormir. Dors Chérie ! Dors encore ! Que cette idée –là m’est venue dans la nuit profonde. C’est comme ça que ça se passe chez le poète. C’était le point de départ de tout…
Toujours dans le même recueil de poèmes vous dites : « Dans ma fougue laborieuse, et mon combat quotidien, mes efforts vains dénoncent, les malices de la société, dont les mailles me cernent, étouffent mon génie créateur, et exacerbent ma soif d’activité. »

Quelles sont les mailles de cette société qui vous cernent ?

En fait c’est vrai. Mais Invalide à une histoire. Parce que c’est quelque chose qui est sorti de mes entrailles quand je vivais les moments les plus douloureuses de ma vie. Quand j’étais au chômage, j’étais un peu là, impuissant face à cet environnement qui ne me laissait pas le choix d’évoluer comme je voulais. Donc c’est un peu à ce moment qu’il y a eu cet accouchement et en réalité je crois que les barrières venaient plutôt du coté de la société dont toutes les limites du développement économiques de nos sociétés africaines. Parce que quand vous prenez le chômage, il y a beaucoup d’annonces qu’on fait dans la presse pour des postes qui sont déjà attribués à des personnes favorisées par le biais de la parenté, du sectarisme, du régionalisme et tout en tout cas des parents occultes. Et c’est ça qui a crée des frustrations. Voilà… Donc c’est en fait c’est mailles c’est ça. C’est ce tribalisme, ce favoritisme, ce sectarisme ou les mauvais chois politiques de développement de nos sociétés. Voilà c’est mailles. Ces barrières-là, elles sont plutôt humaines qui entrave les desseins naturels qu’on veut obtenir. C’est pourquoi je dis que je veux Crier ! Crier ! Echec à la société. Echec à ce favoritisme. Dans l’ensemble c’est ça. Alors que au fond on est animé d’une fougue laborieuse d’apporter quelque chose à la vie, de contribuer cela. Personnellement je n’avais pas d’autres moyens d’expressions que l’écriture. Et c’est pourquoi je dis qu’au moins à ce niveau-là je vais me défouler. Je vais sortir tout ce qu’il y a de bons en moi pour donner à cette société, pour transmettre. Voilà…

Vous ne trouviez pas aussi mieux d’exprimer tout ce que vous ressentiez, tout ce qu’il y a comme pulsions en vous en utilisant d’autres moyens littéraires que la poésie ? Parce que c’est un genre littéraire qui n’est pas à la portée de tout le monde ?

Oui, ça c’est vrai. Mais en fait il ne me manque à mon actif que le théâtre. J’ai écrit des œuvres théâtrales qui ne sont pas éditées. C’est seulement le théâtre. Autrement j’ai essayé tous les genres littéraires. J’ai même aussi des nouvelles qui sont en voie de publications. IL y a des romans notamment le premier qui est La Fiancée du Diable dont le stock est épuisé à la librairie L’Harmattan. Il y a des citations où je sors quelques vérités évidentes.
Des citations qui émanent de vous ?
Oui. Un recueil de citations qui embrasse 27 thèmes en réalité. Mais aujourd’hui on peut atteindre même 37 domaines de la vie. Ils sont en voie d’éditions. Il y a aussi un recueil de prières. Il y a des Essais politiques qui ont été publiés et tout. Notamment Société guinéenne, le Marketing politique. En fait l’inspiration est grande et profonde. Là, je vais faire une surprise dans les prochains jours en sortant Une charte que je prédestine à une utilisation universelle.

Une charte ?

Oui. Une charte. Je préfère ne pas dire la suite. Vous aurez ça dans la presse et je vous donnerais la primeur pour la vulgariser.
Vous faites du gros boulot certes. Mais nous sommes dans une société où la lecture n’est pas un dada…
Oui c’est ça qui est dommage. Moi je vais dire aux pères de familles que s’ils veulent offrir un cadeau à leurs enfants qu’ils leur donnent des livres. En cela j’interpelle aussi les écoles, les encadreurs, les surveillants. Quand nous étions jeunes, à l’époque, les prix reposaient sur des livres. Aujourd’hui on va donner des K7, des vidéos et autres choses. Au fait, tous ces éléments qui éloignent l’enfant de la recherche de la culture, qui éloignent l’enfant de la culture du livre. Alors que c’est dans le livre que la formation est très puissante.

Avec votre inspiration, on pourrait s’attendre à un recueil de poèmes qui magnifie aussi la lecture ?

Non ! En fait, il faut faire plutôt un terrain de sensibilisation de nos décideurs. Il faut qu’en Guinée qu’on arrive à cela comme ça se passe dans les autres pays : les auteurs africains, les auteurs de ces pays sont étudiés dans les lycées, collèges et universités. C’est le cas en Cote d’Ivoire, au mali, au Sénégal, en Centrafrique ou au Burkina Faso. Nous, nous avons fait les démarches nécessaires auprès des différents ministres de l’éducation. Mais jusque-là, nous n’avions pas eu gain de cause. J’interpelle l’autorité pour qu’on recommande que les œuvres guinéens soient lu, étudiés dans les collèges, lycées et universités du pays.

Parlons de pays. Vous aviez beaucoup voyagé certes. Mais dans Cahier d’amour, on se dit que vous êtes séduit par exemple par l’homme politique ivoirien Félix Houphouët Boigny ? Trouviez-vous que c’est un blanc saint ?

Non ! En fait c’est trop dit. Houphouët Boigny a apporté beaucoup de choses à la société ivoirienne et à l’Afrique. Maintenant ce n’est pas à moi de le juger. Moi ce qui m’a marqué, c’est tout j’ai vu comme réalisations importantes qu’il a fait dans ce pays. Je dis que ça mérite qu’on s’attarde un peu dessus et qu’on en tire un peu les leçons. La preuve, il a toujours magnifié la paix. Il a toujours exhorté la société à vivre dans la concorde et la fraternité. Il aurait déclaré que la paix n’est pas un vain mot mais c’est un comportement. Malheureusement, les africains n’ont pas compris. Encore mieux les ivoiriens. Finalement la paix n’a pas survécu à Houphouët Boigny en Cote d’Ivoire. Vous aviez vu le résultat que ça a donné. Si les ivoiriens avaient fait de cela un comportement, ils en seraient pas arrivés là.

N’est-ce pas juste amener les autorités guinéennes à un déclic ?

Oui ! En fait. Sincèrement il faut qu’on sache que tout ce qui peut garantir notre évolution normale dans la société, la base c’est la paix. Ça doit être notre socle. En essayant de valoriser cette paix, ce tribalisme, ce régionalisme, ces divisions internes devraient logiquement disparaître. C’est pourquoi il faudrait qu’on en fasse un sacerdoce aujourd’hui en Guinée. Parce qu’il ne faudrait pas que pour des intérêts égoïstes, certains véhiculent de mauvaises philosophies, de mauvais concepts, de mauvais comportements. Il faut éviter cela. Quand on appartient à une certaine couche éclairée de la société, il faut s’impliquer dans la recherche de la paix. Il faut s’impliquer pour cette construction de la paix. C’est pourquoi j’interpelle aujourd’hui les intellectuels guinéens et africains qu’ils dialoguent avec leurs frères, qu’ils retournent dans leur village dire aux leur de renvoyer ceux qui viennent insuffler la division. Ce n’est pas ce qui peut nous faire avancer dans la société.

Aujourd’hui le mot le plus prononcé dans notre pays est la réconciliation. Aviez-vous aussi un texte poétique a apporté aux citoyens guinéens ?

Vous me poussiez à écrire un texte sur la réconciliation ?
Oui. C’est vrai que vous parliez déjà de solidarité et de fraternité dans le recueil Cahier d’amour qu’on pourrait ramener à la Guinée. Mais est-ce que vous n’aviez pas aujourd’hui…
Effectivement. Ce poème est né après la chute du régime dictatorial. Dans Liberté retrouvée, je dis : « Respire à grand poumon / La dictature s’est effondrée / cette révolution guinéenne est bannie / bercée vos yeux / Plus d’effigie du dictateur dans la ville… fêter la liberté / Tapez vos balafons / chantez la liberté retrouver…. ». Maintenant revenant à Solidarité pour mettre l’accent sur l’entraide qui devrait exister entre les hommes, toutes société confondues. Nous avons vécu beaucoup de fléaux : les inondations, les tsunamis, les accidents nucléaires, la famine, les pandémies et tous ces fléaux qui frappent la société de façon fatale. Je trouve que le monde est trop petit pour faire face à ces grandes calamités. C’est pourquoi j’ai voulu exhorter justement la société à s’investir dans ce développement de ces actes de solidarité, dans ce développement de l’entraide mutuelle pour diminuer les souffrances humaines. Les Etats-Unis qui sont un peu l’Etat le plus puissant du monde se sont retrouvés impuissants quand il y a eu les ravages de la tornade dans les Nouvelles Orléans. Ils se sont retrouvés impuissants et la solidarité humaine s’est déclenchée. Ils ont compris que quelque soit leur force, on a toujours besoin de l’autre. Voilà c’est ce que je veux magnifier. Et si toutes les organisations sociales et humaines travaillent dans ce sens, il y aurait moins de souffrances.

Votre dernier mot ?

Mon dernier mot ? En fait, j’ai beaucoup de choses à dire. Je voudrais d’abord que le gouvernement s’investisse dans le développement de la culture. On a crée un département de la culture certes. Mais ce département n’a pas les moyens. Il faut qu’on y mette de l’argent comme les autres le font. Il faut qu’on mette l’homme c’est-à dire la culture au centre du développement et qu’on mette au centre de cette culture l’homme. Qu’on restitue l’homme dans sa dimension humaine. Qu’on valorise les valeurs humaines. Ce que j’ai à dire par ailleurs, c,’est qu’on travaille pour que les auteurs et les éditeurs guinéens s’épanouissent. Il faut qu’on les aide à mettre en place des politiques conséquentes suivies de moyens. D’autre part,