Quartier yimbaya : Un tour à la plage Bénarès

article mise à jour : 2 novembre 2012
Yimbaya port est un quartier de Matoto situé derrière l’aéroport international Gbessia en haute banlieue de Conakry. Crée depuis 1999, au début ce quartier manquait cruellement d’un air de jeu encore moins une infrastructure sociale pour les jeunes de la localité. Et puisque Yimbaya port a la chance d’occuper cinq à six km de littoral en bordure de mer, les jeunes se mis à la tâche et ont finalement découvert ce don naturel avant d’aménager l’endroit qu’ils ont baptisé Bénarès à l’image d’une des plages brésiliennes.

A l’entrée de la plage un portail en grillage sépare la plage et le quartier. Un groupe de jeunes est assis là sur un banc. Ils saluent les premiers, viennent vers le visiteur et lui tendent un ticket d’accès moyennant de l’argent. Une cinquantaine de mètres de parcours entre deux cours, vous y êtes. La plage elle-même occupe un peu plus de deux km. Elle est à l’état naturel avec ses coquillages et ses sables fins. Les jeunes du coin ont planté des cocotiers le long de la plage. La mer à vue d’œil. Un air agréable frappe le visiteur dès son arrivée. Un petit hangar est construit au milieu de la plage. En temps normal, ce hangar sert d’abri du matériel pendant les manifestations culturelles.

15 heures, à Bénarès quelques visiteurs s’abritent sous ce hangar et prennent des rafraichissants. Par petits groupes, des jeunes font le tour de la plage. Pendant ce temps, certains jeunes visiblement les maitres des lieux grimpent les cocotiers et cueillent les fruits pour disent-ils éloigner un peu la faim. Par petits groupes, parfois à deux, les élèves du lycée ne s’empêchent pas d’aller souffler à la plage avant de rejoindre leur domicile.

Pendant ce temps, le responsable de la plage reçoit des clients venus louer l’endroit pour une manifestation culturelle. Les discussions se déroulent entre le président et les clients à distance. Les visiteurs s’expriment à haute voix. Pas le président. Rien ne filtre des négociations. A part des visiteurs à l’improviste, Soriba Camara allias ‘’DIDA’’ confie que les weekends la plage fait le plein. Les établissements de la Capitale organisent des incursions scolaires. A la fin des évaluations de l’année scolaire pour les classes ordinaires, et les examens pour les candidats, Bénarès est convoitée. Les jours phares tels que les fêtes de fin d’années 24 et 31 décembre, les fêtes du mois de ramadan et celle du mouton sont aussi une occasion pour Bénarès de remplir du monde.

On y organise des matchs amicaux de foot ball, de volley Ball et bien entendu des spectacles artistiques. Egalement, nombres d’artistes à l’image de Sékouba Kandia Kouyaté ont prit le goût d’aller réaliser leur clip à la plage de Bénarès.

En dépit des retombées financières obtenues à partir des organisations, Bénrès peine à sortir de l’état sauvage. Le président du conseil du quartier Ibrahima Sory CISSE, indique que le problème est posé au niveau de la Commune pour doter le quartier en moyen pour rendre l’endroit plus attrayant mais les promesses tardent à se concrétiser. Il souligne que même le gouverneur aurait promis de s’investir de son côté. Pour le moment le tout Bénarès reste suspendu aux promesses de la Commune de Matoto et le gouvernorat de Conakry.

Il y a quelques mois cette plage avait fait l’objet d’un conflit entre jeunes du quartier et ceux venus d’ailleurs pour sa gestion. Il a fallut l’intervention des forces de l’ordre et l’implication du président du conseil du quartier pour minimiser les dégâts. Cette plage ne reste pas sans menace. Avant l’arrivée du CNDD (Conseil National pour la Démocratie et le Développement) du Capitaine Moussa Dadis CAMARA au pouvoir les jeunes du quartier avaient eu un différend avec un tiers à qui on avait vendu un espace de la plage. Ce dernier avait déjà élevé le mur que les jeunes ont démoli. Mais les traces du mur restent visibles. A-t-il dit son dernier mot ? L’avenir nous nous édifiera.