Sayon Camara, la Taramakhé à la voix rugueuse et fragile...

article mise à jour : 13 mai 2013
Le Jour où Tounkara le saltimbanque est venu demander à Sayon de rejoindre sa troupe, son père a failli sortir le fusil. Les Camara sont des guerriers, pas des troubadours. Les griots chantent les Camara, pas le contraire. Elle a du fuguer plus d’une fois pour monter sur les planches.

A l’occasion de ces escapades, Sayon a connu les chaudes nuits de Conakry et partagé la bohème de la crème de l’art guinéen : Maître Barry le saxophoniste, Gnépou l’Amazone, Sassie l’écrivain assassin, Tonton Sékouba le maitre danseur, Magas et Taïbou les comédiennes...Avec en bande sonore les disques de Myriam Makeba, les concerts de Momo Wandel, du Kaloum Star ou du Bembeya Jazz.

C’est ainsi que Sayon Camara est devenue chanteuse lead des célèbres Amazones de Guinée, formation entièrement féminine qui comptait dans le lot des groupes qui ont fait la musique guinéenne moderne à partir des années 80. Aujourd’hui marseillaise d’adoption, son chant s’est frotté à d’autres styles et traditions. Sensible et charismatique, elle a su métisser- a travers le chant et la danse- ses racines et les sonorités croisées tout au long de son parcours.

Portée par une guitare espagnole ou une mandoline, une trompette en bois ou en sourdine, une guimbarde ou des flûtes, des percussions latines entremêlées au bolon, au gongoma et au doum africains, la voix de Sayon s’affirme, forte et sensuelle, rugueuse et fragile s’est forgé un style reconnaissable entre mille.

Nommée ambassadrice de l’Unesco en 2002, Sayon Bamba Camara nous raconte des histoires simples et émouvantes, des histoires de femmes qui rêvent à la liberté, de maquis en folie, de fêtes et de déceptions amoureuses. Elle viendra ici nous présenter son dernier album : "Chansons des rues et des maquis". Des sensations à la fois familières et envoûtantes qui s’écoutent avec tout le corps !!