Séminaire de formation : ‘’Etre journaliste en 2013’’

article mise à jour : 17 juin 2013
Placée sous la présidence de Martine Condé, présidente du Conseil national de la communication, CNC, un séminaire de formation sur le thème ‘’Etre journaliste en 2013’’ s’est ouvert ce lundi 17 juin à Conakry, dans un réceptif hôtelier de la place. Avec l’appui de la compagnie West Africa Exploration, une soixantaine de journalistes participent à cette formation organisée par l’Association guinéenne de la presse en ligne (Aguipel) et animée par Jean Kouchner, secrétaire général de l’Union de la presse francophone.


Dans son allocution de circonstance, Amadou Tham Camara, président de l’Aguipel a indiqué qu’aujourd’hui est un grand jour pour l’Association qu’il préside. Ce séminaire précise-t-il, est la deuxième formation organisée par l’Aguipel après celui sur l’écriture journalistique, il y a 15 mois.

Pour Amadou Tham Camara, notre pays étant marqué depuis 10 ans par une crise sociopolitique quasi permanente, la fonction et la place de la presse deviennent capitales dans la vie de la nation. Selon lui, la responsabilité du journaliste dans le traitement juste et équilibré de l’information ne peut lui être incombée que lorsqu’il a été bien formé. ‘’Hélas, ce n’est pas souvent le cas.’’ Déplore-t-il.

Pour sa part, Assane Faye, Directeur général adjoint de West Africa Exploration a réitéré l’engagement de sa société à participer au développement de la Guinée. M. Faye reste en outre convaincu que ce développement passe obligatoirement par l’implication de tous les acteurs stratégiques du pays, notamment les medias.

De son côté, Martine Condé, Présidente du CNC a souligné que la presse en ligne a fait une telle révolution qu’elle est devenue la grande pourvoyeuse d’informations pour les autres supports. A en croire la présidente de l’instance de régulation des medias guinéens, les manquements des journalistes se multiplient et à l’allure où vont les choses, un séminaire avec un thème si porteur était vraiment attendu.

Pour elle, au niveau de certains medias de la place, les dérapages ne se comptent plus. Ils se traduisent par les mélanges de genres, le non recoupement de l’information, le bidonnage, des accusations à l’allure de règlements de compte, des critiques infondées, tous les ingrédients pour une disqualification. ‘’ Il ne faut pas se voiler la face, il est arrivé le moment d’assainir la profession car, dire qu’elle est envahie par les non professionnels est peu de chose face à la réalité.’’ Martèle-t-elle.

’’Qui est journaliste en 2013 ? Comment s’opère le recrutement dans les medias ? Quels regards portons-nous sur la pratique du métier ? Et quelle place accordée à l’éthique et à la déontologie journalistique ?’’ S’interroge la patronne du Conseil national de la communication.

Aux yeux de Martine Condé, il faut tous les jours se remettre en question, faire de la déontologie et de l’éthique un bréviaire. Et de paraphraser Hervé Bourge, Journaliste et ancien président du Conseil supérieur de l’audiovisuel de France : ‘’un journaliste n’est pas un juge, il n’est pas un commissaire de police, il n’est pas une grande gueule, il ne crée pas l’information, mais il rend compte’’.

Du 17 au 22 juin, des journalistes de différentes medias guinéens échangeront sur le thème ‘’Etre journaliste en 2013’’. Faut-il signaler que l’un des chantiers phares de l’Aguipel est la qualification déontologique dans un pays éprouvé par des divisions ethniques. C’est pourquoi une formation est prévue à cet effet avant l’organisation des élections législatives en Guinée, a annoncé le président de cette association de presse.