Signature du livre Mariage par colis

article mise à jour : 17 octobre 2013

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13 nov

Signature du livre Mariage par colis

Centre Culturel Franco-Guinéen

Mercredi 13 novembre 2013 17:00-18:30

Le "mariage par colis", est une pratique traditionnelle en Afrique et dans certains pays du tiers-monde, qui consiste "à expédier" la mariée, par le biais d’un arrangement, à un cousin ou un parent lointain. Quand Cheick quitta son village afin d’être "quelqu’un de bien", il ne pouvait pas deviner que l’envoi de son premier salaire, en tant que domestique, allait lui causer tant de torts : une première mariée envoyée par ses parents comme un "colis", puis une deuxième et ainsi de suite. Au moment où il commençait à savourer son bonheur auprès d’Anita, ressurgit Aicha connue pour ses provocations.

La Guinéenne Binta Ann se définit comme une militante pacifique. Avec une plume ironique, elle dénonce l’excision, les mariages précoces et les difficultés de la scolarisation des filles africaines. La jeune femme de 28 ans a grandi en Sierra Léone et vit en France depuis sept ans. Après avoir travaillé dans le tourisme, elle intègre plusieurs troupes de théâtre en Guinée, ce qui l’aide à vaincre sa timidité et à parfaire son français. AMINA l’a rencontrée à l’occasion de la sortie de son nouveau roman, "Le Mariage par colis".

Qu’est-ce que le "mariage par colis" ?
C’est un mariage arrangé qui cache un piège. L’homme qui est à l’extérieur de la Guinée est piégé par sa famille qui lui dit d’aller chercher un colis à l’aéroport. Mais au lieu de trouver un carton rempli de vivres, c’est une femme, qu’on lui a choisie au pays, qui l’attend. La femme aussi peut être piégée. Sous prétexte de faire des études supérieures en Occident, sa famille la marie en douce. Quand elle arrive sur place, elle se retrouve enchaînée à un mari qu’elle ne connaît même pas. On lui confisque son passeport et elle n’a pas beaucoup de recours à cause du chantage qu’on lui fait.

Pourquoi avoir choisi ce sujet ?
J’ai voulu parler du mariage par colis car j’ai une cousine pour qui ça s’est très mal passé. Elle a connu son mari à travers les cartes postales qu’il lui envoyait. Moi-même, j’ai failli être mariée à un cousin et, en arrivant sur place, je me suis rendu compte que la place était déjà prise. J’ai voulu dénoncer ce genre de situation pour que les parents comprennent qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans ces mariages arrangés. II faut qu’ils laissent une liberté de choix à leurs enfants. C’est un combat qui n’en est qu’à son début.

Les adeptes de ces mariages arrangés prétendent faire des alliances entre "bonnes familles"... Qu’est-ce que vous leur répondez ?
Mon objectif est de faire évoluer les mentalités chez nous. Faire comprendre à nos parents qu’il existe ailleurs une vérité qui n’est pas la leur, tout en y mettant les formes. Dans le livre, je me sers de l’humour pour mieux faire passer la pilule. Le mariage arrangé peut être une très bonne chose quand les futurs époux sont au courant de ce qui arrive et qu’ils sont d’accord. Le problème, c’est quand ils se font piéger. Mais, attention, je respecte nos traditions et je ne veux pas porter de jugement, juste faire un constat.

Comment allez-vous faire pour sensibiliser ceux qui ne savent pas lire ?
L’Afrique est basée sur l’oralité, alors nous allons faire avec. Avec l’équipe de l’Harmattan, nous avons décidé de ne pas cibler seulement les
AUTEUIZE DU ROMAN "LE MARIAGE PAR COL15"
écoles. Nous comptons aller dans les villages les plus reculés pour faire passer le message. J’ai voulu aller vers les gens mais pas en leur faisant la lecture. Le Mariage par colis va donc être adapté au théâtre et au cinéma pour mieux faire passer le message auprès d’un grand nombre de personnes.

Les marabouts et autres féticheurs sont présents dans votre livre... Y croyez vous ?
Oui j’y crois, ce sont des choses qui existent, c’est un héritage culturel. Maintenant, que ça marche ou pas, c’est une autre histoire. Toutefois, il faut faire une différence entre le marabout et le féticheur. Le marabout se base sur le Coran et doit normalement utiliser son don pour faire le bien. Le second passe par les fétiches comme les cauris par exemple et peut les utiliser pour faire le mal. Aujourd’hui, c’est devenu commercial : on ne sait plus qui fait quoi et pourquoi.

Le personnage principal du roman quitte son pays pour réussir en France... Mais ça se passe plutôt mal... Que conseillez-vous à ceux qui sont tentés par cette aventure ?
Les jeunes sont attirés par l’Occident. Les médias ne montrent que les côtés positifs, alors ils pensent que c’est l’Eldorado. Mais la vie est difficile partout. Je leur conse

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