Singleton le créateur de Mototaxi prône l’unité nationale « je m’inspire du quotidien ».

article mise à jour : 10 octobre 2011
Singleton, Mohamed Saïd Bangoura, de son vrai nom, celui qu’on a surnommé la machine du Dance Hall guinéen, Singleton fait du raga dance hall a sorti récemment un album intitulé "Gnakry Dance Hall”. Guinée-culture a rencontré pour vous cette semaine ce jeune artiste, juriste de formation. Lisez plutôt !

Guinée-culture : Tu as sorti récemment un album qui a bien cartonné avec le titre Mototaxi, surtout. Parle-nous-en ?

Singleton  : Mon album s’appelle “ Gnakry Dance Hall” qui signifie le Dance Hall de la Guinée- Conakry. G, c’est le diminutif de Guinée et nakry, le diminutif de Conakry. Dans cet album, j’évoque le quotidien parce que c’est de cela je m’inspire le plus. Je parle de ce que j’entends dire et de ce que je vois. Par exemple, le titre Mototaxi parle d’un système de transport qui n’est pas très développé en Guinée surtout dans la capitale Conakry.

D’où t’est venue cette inspiration de choisir de chanter Mototaxi, comme tu l’as tout à l’heure dit, un système de transport qui n’est pas développé en Guinée ?

C’est lors d’une tournée à l’intérieur du pays au cours de laquelle j’ai visité les quatre régions naturelles de la Guinée que j’ai découvert ce système de transport. J’ai été tout de suite inspiré et j’ai chanté Mototaxi qui, tu viens de le dire, continue de cartonner fort actuellement en Guinée.

Il parait qu’avant même la sortie de ton opus tu avais déjà effectué une tournée à l’extérieur de la Guinée. Est-ce vrai ?

Bien sûr que oui. Avant la sortie de mon album, j’ai été à Dakar où j’ai fait un concert avec le reggae man ivoirien Tiken Jah Fakoly ; et les rappeurs sénégalais Didier Awadi de l’ex groupe positif Black Soul Didier et Niks qui a fait un featuring avec notre compatriote Fodé Baro Junior. Le concert s’est déroulé dans un des plus grand Hôtel de Dakar. J’ai également joué dans les boites de nuits dont l’une plus grandes du quartier Almadi à Dakar pour représenter les couleurs « rouge, jaune et vert » comme tel est toujours mon combat. C’est ainsi lors de ma dédicace de mon album au palais on m’a offert un visa d’un an pour la France. Mais je ne peux pas quitter mon pays pour aller rester là-bas parce qu’en tant que jeune artiste, la Guinée a encore besoin de moi.

Déjà, avec ton tout premier album tu parviens à tisser des relations avec certains grands artistes comme Didier Awadi et Tiken Jah Fakoly. Des grands noms de la musique urbaine africaine qu’on a également vu dans ton clip qui est sorti sur Trace TV avant la Guinée. Quel est ton secret ?

Je dirais que c’est grâce à la structure Benedy Record qui a produit mon album.

Avant toi, il y a Takana Zion qui s’est également fortement distingué dans ce genre musical, le Dance Hall. Et continue de cartonner, quels sont tes rapports avec Takana ?

Takana et moi nous tissons des bons rapports. Avant la sortie de mon album, Takana avait déjà des albums sur le marché. Et moi-même, j’ai acheté des tickets d’entrée pour aller regarder les concerts de Takana Zion parce que c’est un artiste que j’aime beaucoup et que j’apprécie. Il contribue fortement au rayonnement de l’image de la musique guinéenne à l’extérieur pour avoir beaucoup représenté la Guinée ailleurs à travers le monde. Beaucoup de gens connaissent la Guinée musicalement parlant, grâce à Takana Zion. C’est big respect pour lui. Takana et moi on ne s’était jamais rencontré auparavant. C’est quand je suis allé tout récemment à Paris qu’on a fait un featuring sur le titre, intitulé « Tonton anoun Tantie, tonton et Tantie, Ndlr. » à Paris.

Le rap, le reggae Dance Hall et la musique urbaine en général, sont souvent considéré chez nous par une certaine tradition comme une musique de ‘’Voyou’’. Quelle était la réaction de tes parents face à ton choix de ce genre musical ?

Au début, ce n’était pas facile parce qu’on me disait qu’il n’y a pas de Djéli (griots en malinké) dans notre famille. Ils ne voulaient pas du tout que je chante. Ils m’ont toujours dit d’étudier. Moi, je leur ai dit que tout le monde n’est pas destiné à être cadre pour s’asseoir dans les bureaux. Il faut qu’il ait des menuisiers, des mécaniciens, journalistes, footballeurs et artistes. Voilà, faire la musique ne signifie pas forcément faire la débauche, boire de l’alcool… avoir des vices. Normalement, nous les artistes devrions adopter des attitudes exemplaires. Si nous-mêmes, nous ne sommes pas sur la bonne voix, comment pourrions-nous conseiller les autres ? Moi, je ne fume pas, je ne bois pas mais ça ne m’empêche pas de chanter.

On constate que les artistes guinéens, pour la plus part, après le succès c’est le fiasco. Ils se retrouvent dans un état misérable. En tant que jeune artiste à succès aujourd’hui, est-ce que tu as, un tout petit peu, pensé à cela ?

Oui, on dit souvent qu’on doit faire référence au passé pour pouvoir construire le présent et mieux préparer l’avenir. Parce que j’ai vu beaucoup d’artistes avant que je ne vienne sur la scène. Je me suis dit comment ils font pour avoir plein de succès et après ils se retrouvent un jour sans rien. Même si en réalité les artistes guinéens en général, ont plus de succès que d’argent jusqu’à un niveau. Je me suis rendu compte qu’il y a un manque planification à ce niveau et de bons conseillers. Parce que quand un artiste sort un premier album qui cartonne, il fait la belle vie contraire à ce qu’il vivait avant. Donc, si on n’a pas de bons conseillers, on risque de passer à côté. C’est pourquoi je me suis investi dans le transport pour mon soutien et ma famille et aussi contribuer à ma manière au développement de mon pays. J’ai fait des études de ‘’Droit’’ à, l’Université privée Nelson Mandela. Mais, Plus tard je compte aller au Ghana pour une formation en informatique et en langue anglaise.

Quel est ton dernier message pour finir cet entretien ?

Je commence d’abord à remercier le Journal La République qui contribue à, l’émancipation de la jeunesse guinéenne. je lance un appel à la population guinéenne de se donner les mains. Car une maison où les enfants sont divisés est vouée à l’échec.