Sory Kandia Kouyaté, « Chantre immortel d’une Afrique éternelle », un ouvrage écrit par l’un des fils de l’artiste présenté aux lecteurs le Mercredi dernier au CCFG

article mise à jour : 14 décembre 2012
Les ouvres littéraires sur Sory kandia Kouyaté se multiplient. Cette fois, c’est son propre fils Dr Mamadou Kouyaté qui apporte à travers une publication un peu plus de révélation sur le parcours de cet homme de culture. Un écrit construit de témoignages des plus intimes proches et collaborateurs de cette grande figure de la culture guinéenne succombée en 1977 à l’âge de 44 ans.

En présentant ce livre aux lecteurs, l’écrivain Mamadou Kouyaté a qualifié son personnage de véritable monument de la culture Africaine. Il relate principalement la naissance de l’artiste, son enfance, son parcours, musical marqué parfois par des épreuves difficiles mais aussi son militantisme pour la quête de l’indépendance de la Guinée.
« Il est parmi les six personnes qui ont composées l’hymne national », dit-il.

Composée de sept chapitres, l’œuvre biographique de Sory kandia Kouyaté a été construit de recueils, de témoignages. « De son vivant j’ai fait de prises de note qui m’ont facilité l’écriture de cet ouvrage », ajoute Mamadou Kouyaté, l’ainé des dix neuf progénitures de Sory kandia kouyaté.

Magnifiant les œuvres de son père, il souligne entre autres le rôle que ce dernier a joué en 1975 pour apaiser la crise qui opposait le Mali et le Burkinabé Faso au sujet de la haute volta, une zone frontalière. C’était à l’occasion d’une cérémonie solennelle organisée au palais du peuple par le président guinéen où Sory Kandia a de nouveau fait valoir son statut de grand griot incontesté. « Il a chanté l’union historique de ces pays au point d’amener les deux chefs d’Etats protagonistes à se donner la main. Depuis ce jour là, la hache de guerre fut définitivement enterrée », raconte l’écrivain.

Revenant plus tard sur les circonstances de la disparition tragique du personnage de son livre, le 25 décembre 1977, il explique : « C’est au cours d’un concert à Coyah (préfecture située 50 km de la Capitale), que Sory kandia Kouyaté a commencé à ressentir des malaises. Sur le chemin de retour, plus précisément au Km36, il était environ 3h15, les douleurs étaient si vives que son chauffeur a été obligé d’immobiliser le véhicule qui le transportait. C’est ainsi qu’il s’est étendu à même le sol. Après un instant accalmie, il fut évacué au centre hospitalier universitaire de Donka où il trouva la mort à 4h du matin ».

Dr Mamadou Kouyaté qui avait vingt six ans à l’époque se rappelle ainsi avoir vu pour la première fois le président Ahmed Sékou Touré se prosterner pour saluer la mémoire d’un disparu. « C’est d’ailleurs lui qui a rédiger en personne le message annonçant au peuple de Guinée la mort de Sory Kandia », indique t-il au passage.

La dédicace de ce livre de 123 pages, couleur verte claire avec a la première page l’effigie de Sory Kandia portant [kondin], son instrument adulé a été une occasion pour quelques amis et proches collaborateurs de se souvenir de lui. C’est la voix du doyen Baldé, écrivain et auteur de plusieurs écrits dont Bassamba qui témoigne en première ligne : « Sory Kandia était un griot noble, un homme de race rare qu’on ne pouvait pas corrompre ». Dans la foulée, un autre de se souvenir, « Un homme de génie ».

Cet ouvrage qui avait été présenté lors de la troisième édition du salon du livre (organisé chaque année à Conakry par Guinée-Culture) est « un premier coup de marteau ». De son côté, le Directeur des éditions l’harmattan Guinée se réjouit d’avoir compté une telle œuvre parmi ses publications. Sansy kaba Diakité indique qu’elle sera reproduite et publiée chaque fois qu’il y aura de nouvelles informations à ajouter.

Outre, Dr Mamadou Kouyaté inscrit à son agenda la publication d’autres œuvres littéraires dont l’une consacrée au mythique « Sosobala », un instrument traditionnel de musique datant du treizième siècle qui appartenait au roi Soumaoro Kanté.

La publication de cette œuvre s’ajoute à « Kandia né pour chanter », une pièce théâtrale écrite par Lamine Diabaté pour rendre hommage à l’homme et dont la mise en scène s’effectuera le jeudi 13 et vendredi 14 Décembre 2012 au CCFG.

Moussa Diawara