Têtes d’affiche et musique sans frontière

article mise à jour : 20 avril 2015
Le centre culturel franco-guinéen, Sory Kandia Kouyaté, a servi de cadre, vendredi 10 avril, à 2 événements culturels importants. Le premier, l’exposition photos de l’ancien ministre de la communication, journaliste et artiste M. Justin Morel Junior et de son complice de toujours l’électronicien et imprimeur Tabassy Baro sur les célébrités culturelles de la Guinée au cours de ces 50 dernières années. Le second, le concert plein air de Maître Barry et de son African Groove dans la 3ème édition de ‘’Musique Sans frontière’’ qui annonce l’ouverture du festival de jazz qui se tiendra du 28 au 30 courant au centre culturel franco-guinéen .
4 heures d’horloge ont permis au public, venu nombreux, de suivre quelques images rares des anciennes stars de la culture nationale dans toute leur splendeur et de goûter au plat musical riche et varié de l’un des derniers monstres sacrés de la musique moderne guinéenne, le saxophoniste Me Mamadou Aliou de l’ancien Kaloum Star de Conakry 1 Ainsi, l’exposition photos ‘’Têtes d’affiche’’ présente sous des angles jusque là inconnus du grand public, l’image des célébrités guinéennes dans leur intimité, dans leurs sentiments à travers des portraits expressifs et plaisantins qui montrent des moments, des situations avec les regards complices de Justin Morel Junior et de Tabassy Baro. D l’inimitable Aboubacar Demba Camara avec ses compagnons du très célébrissime Bembeya Jazz national au griot électrique, Mory Kanté en passant par d’autres artistes, musiciens, écrivains, journalistes et mécènes, les images s’entrechoquent et restituent le passé récent d’une Guinée bercée par la passion et la morale patriotique. Justin Morel Junior et Tabassy Baro, le premier, journalisme dans l’âme qui photographie par plaisir et par amour, le second, obsédé par la photographie et la vidéo donc hanté par le beau et la finesse, captent en des temps et des situations exceptionnels la vérité sur ce qui a été. JMJ souligne que ces quelques photos prises pendant leurs différentes carrières de journaliste et d’imprimeur en côtoyant les hommes de culture en des moments particuliers, ont voulu montrer aux générations montantes des images de stars à un moment défini de leur vie ou de leur carrière d’artiste, de journaliste ou d’écrivain. Ils ont donc extrait de leurs archives, une cinquantaine de photos inédites qui présentent la Guinée culturelle dans ses années de gloire. En deuxième période de cette soirée randonnée musicale, le concert de Me Mamadou Aliou Barry, célébrissime saxophoniste de l’ex orchestre fédéral de Conakry 1, Kaloum Star avec son groupe actuel, Groover African va tenir en haleine le public qui va découvrir les multiples talents de ces anciens musiciens qui ont égaillés les mélomanes de la capitale guinéenne pendant la Première et la 2éme Républiques. La ‘’Musique sans frontière’’ est une combinaison de rythmes traditionnel, moderne et exotique qui allie saxophone, clavier, djembé, Tumba, flute, guitares, batterie….Le saxophoniste, son groupe Groover African, le trio français -Boris Mange, surdoué pianiste amoureux de la musique française et du jazz- Daniel Couriol, talentueux pianiste et actuel directeur du centre culturel franco-guinéen, Cheick Oumar, jeune chanteur de la musique de l’Hexagone - et le virtuose Prince Diabaté, maître de la kora avec ses doigtés magiques, ont présenté, dans une symbiose rythmique exceptionnelle cette synthèse du jazz, du blues, du rumba , du doundoumba, du yankady au grand plaisir du public mélomane de Conakry. ‘’Fais moi une place’’, My Way’’, ‘’Ce n’est rien’’, ‘’felenko’’, Soumbara’’, Wody, Lalaba, Sommertime’’, ‘’Armando’s rumba’’, Afro blues, Harakoura’’, ‘’un franc cinquante’’, ‘’Ce n’est qu’un revoir’’ sont de ces titres qui ont électrisé , en plein air l’assistance dans sa diversité de 19h30 à 23h . Dans son intervention de circonstance, Me Barry explique : J’avais compris une chose. Chaque fois quand je jouais dans des boites de nuit comme la Fourchette magique, MLS , La Paillotte… des expatriés m’abordaient en me disant qu’ils sont enchantés par mes prestations. Beaucoup me disaient qu’ils jouaient par le passé de la musique et qu’ils viendraient jouer avec moi. Effectivement, certains sont venus. D’autres me disaient qu’ils avaient même leurs instruments à la maison. Ils venaient jouer avec nous et cela leur faisaient plaisir. Je me suis dit que ces gens là sont des expatriés. Ils sont là pour autre chose, pas pour la musique. Certains travaillent dans les institutions, d’autres dans leurs entreprises ou dans des projets qui évoluent sur le terrain. Les réunir ce n’est qu’une fois par an serait quelque chose de formidable. Je réfléchis et je vins proposer mon idée à M. Daniel Couriol, directeur du centre franco-guinéen. Ce dernier trouva l’idée géniale. Et c’était un musicien, un pianiste qui n’avait pas joué du piano depuis plus de 30 ans. Il me demanda comment je vais me prendre avec cette idée. Je lui dis : On le fera ensemble. C’est comme ça on a organisé depuis 3 ans la Musique sans frontière. Lansana Sarr