Tigui Mounir Camara, la Guinéenne qui a habillé les enfants de Barack Obama !

article mise à jour : 10 juillet 2013
Elle a habillé les enfants de Barack Obama, Jennifer Lopez, Brad Pitt (…). Son nom Tigui Mounir Camara, ancienne mannequin. Cette femme est l’incarnation d’une nouvelle génération de femmes d’affaires. Elle se démarque par ses ambitions et sa vivacité accrue. Après un parcours riche et diversifié aux Etats-Unis dans le monde de la mode, Tigui se livre sans complexe dans le monde des affaires. Entretien exclusif avec la fulgurante Tiguidanké Mounir Camara !

Bonsoir Tigui. Vous êtes une femme d’affaires évoluant en Guinée. Que peut-on savoir brièvement de vous.

Tiguidanké Mounir Camara : Permettez-moi de vous remercier d’être venus à ma rencontre pour cet entretien. Je suis entrepreneure, directrice de Seriane, une agence de mannequinat qui organise l’évènement Guinea Fashion Week.

A ce jour, je crois que je suis la plus jeune femme détentrice d’un permis d’exploitation minière en Guinée et pourquoi pas en Afrique. A ce titre, je suis la Présidente directrice générale de la société minière Camara Diamond & Gold Trading Network (CDGTN).

Je suis une jeune mère de jumeaux Hawa et Mounir Sakho âgés de plus de dix ans.

Avant de créer vos entreprises, vous avez eu un long parcours dans le mannequinat. Parlez-nous en…

Disons que j’ai commencé le mannequinat à l’âge de 12 ans à Conakry, donc très jeune. Une femme du nom de Mme Kourouma, a organisé un show auquel j’ai participé au Novotel. Depuis là je n’ai plus arrêté. J’ai défilé ici avant d’aller au Maroc, poursuivre mes études en management. En 1996, je suis rentrée en Guinée avant de m’envoler pour les Etats-Unis où je vis depuis plus de 16 ans.

Au pays de l’oncle Sam, j’ai travaillé pour Hillary Beckford Management (HBM), une entreprise qui appartient à la maman du célèbre mannequin afro-américain Tyson Beckford. Grâce aux connections de sa mère, j’ai travaillé avec de nombreux artistes d’artistes, notamment Chaka Khan, Isaac Haines. Pour votre information, J’ai été actrice au cinéma. J’ai joué dans ‘’Bringing out the dead’’ avec l’acteur Nicolas Cage, et ‘’Dirt’’ sur Showtime TV avec la directrice Nancy Savoca.

Toujours aux Etats-Unis, j’ai participé au Mercedes Benz Fashion Week. Un évènement qui se déroule à New York, et à Londres.

C’est en 2001 que j’ai mis fin à ma carrière de mannequin. C’était presqu’une obligation, car j’étais mère de jumeaux. C’est ainsi que je suis devenue directrice de Thomas Pink, une filiale de Louis Vuitton. Ensuite, directrice de l’une des maisons de mode pour enfants notamment Bon point qui est très connue en France. Une véritable maison de luxe pour enfants. Ce qui m’a permis d’habiller des enfants de célébrités comme Angelina jolie, Tom Cruz, l’actuel président des Etats-Unis, Barack Obama, Brad Pitt, Jennifer Lopez (…). J’ai créé ma propre maison de mode ‘’Foudis’’ » installée aux Etats-Unis, et ‘’Danké’’ une ligne de produits naturels, et une autre pour les cheveux naturels ‘’Mowa’’.

Actuellement, je travaille sur un projet de société aérienne, qui s’appelle Aeromine. Avec cette dernière, je mettrai à la disposition des Grandes personnalités des Jets privés, des avions présidentiels. Depuis 2009, j’ai commencé à revenir dans mon pays natal pour apporter mon soutien au développement de la Guinée.

Dites-nous comment faites-vous pour gérer votre quotidien entre la vie professionnelle et celle privée ?

(Rire) C’est très simple. Dans la vie, quand on a la passion pour quelque chose, on peut tout faire. Je me donne le temps et l’énergie qu’il faut. Je respecte la vie privée de mon conjoint et il respecte la mienne. Nous sommes tous les deux dans le monde des affaires. Ce qui signifie qu’on comprend exactement comment les choses marchent.

Un commentaire sur la mode en Guinée ?

La mode commence à bourgeonner en Guinée. Pour l’heure, elle ne s’est pas développée comme dans les autres pays. Toutefois, il faut reconnaitre qu’il n’y a pas mal d’activités sur le terrain. Il faut donc féliciter les acteurs qui se bousculent sur le terrain pour que la mode Guinéenne soit vue.

Personnellement, je compte apporter mon expertise car j’ai évolué dans ce milieu depuis plus de quinzaine d’années. D’ailleurs, nous comptons mettre sur place une académie de mode en Guinée et une chaine de télé africaine ‘’African Fashion TV’’. Tout cela va permettre aux stylistes d’ici et aux mannequins d’avoir une base solide et être au même niveau que les autres.

Pourquoi tant d’engagement pour la promotion de la mode ?

C’est simple ! Je ne voyais pas une grande représentation du continent africain. Dans les grandes maisons, il y a toujours des stylistes africains qu’on ne voit jamais sur le devant de la scène. Notre idéal, c’est de mettre l’Afrique en exergue à travers la mode.

Vous êtes l’organisatrice de Guinea Fashion Week, que peut-on retenir de cet évènement ?

Guinea Fashion Week en tant que tel est un événement culturel international. Il a été créé dans le but de valorisée la culture africaine en général et celle de la Guinée en particulier. L’idée est de pouvoir promouvoir nos talents sur le plan régional, sous-régional et international. Avec Guinea Fashion Week, nous entendons mettre de la valeur dans l’éducation à travers la création d’une académie de la mode et la chaine de télé dont je parlais tout à l’heure. Notre ambition à court terme est de restructurer le secteur de la mode pour faire de la Guinée, une capitale incontournable des rendez-vous de la mode.

Quelles difficultés rencontrez-vous sur le terrain de la mode en Guinée ?

Personnellement, je ne suis pas couturière en Guinée, je gère une agence de mannequinat. Mon constat est qu’il y a un manque de soutien, de sponsoring des couturiers. Ils doivent être soutenus de la création jusqu’au produit final. Les sponsoriser, afin qu’ils puissent participer aux différents défilés à travers le monde. Ils doivent également se former pour être au même niveau que les autres ou presque.

Pour les plus jeunes qui veulent marcher sur les pas de Tigui, qu’avez-vous à leur dire ?

A ces jeunes, il faut beaucoup de courage, et avoir surtout de la passion pour ce qu’ils veulent faire, car sans passion dit-on, on ne peut pas avancer. Certes, l’argent c’est ce que nous cherchons tous les jours, mais on peut avoir l’argent et être misérable. Donc il faut avoir l’amour de ce que tu fais car seul cela peut te conduire au succès. Enfin je leur dirais, amour, discipline, la passion et être surtout proactif…

Le dernier mot de l’entretien vous revient…

Ben c’est un devoir pour moi de vous remercier. Vous êtes jeunes et vous cherchez à vous démarquer des autres en mettant en avant la culture. Vous travaillez avec professionnalisme. Je précise que j’ai ma petite d’expérience dans la presse car mon père a été président du Conseil national de la communication (CNC) donc je sais ce que je dis. Bon courage et une fois de plus merci d’être venus me voir.

Entretien réalisé en partenariat avec Dionuspeople.com