Tourisme : ‘’Nous avons plus de deux cents sites naturels qui donnent des opportunités réelles d’aménagement’’ a dit Hadja Fanta Touré

article mise à jour : 8 février 2013
L’Ecole Supérieur du Tourisme et de l’Hôtellerie (ESTH) est située à Kipé dans la Commune de Ratoma. Cet institut d’enseignement supérieur regorge essentiellement de trois départements : le tourisme ; l’hôtelerie, les sciences alimentations et sciences nutritionnelles. Pour un effectif total de 2358. Le département du tourisme compte 1311 étudiants. Guinée-culture a rencontré la Directrice de l’Ecole Supérieur du Tourisme et de l’Hôtellerie pour évoquer ses préoccupations du moment et les réalisations déjà acquises par son équipe depuis la création de l’institut.

Guinée-culture.org : Faites-nous une présentation globale de votre école.

Hadja Fanta Touré  : L’ Ecole Supérieur du Tourisme et de l’Hôtellerie (ESTH) est l’une des dernières née des Institutions d’Enseignements Supérieurs de la Guinée. Elle fut créée en 2006 à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia (GLSC) comme une faculté de la dite université. En 2008, elle fut érigée en une Institution d’Enseignement Supérieur Autonome. Ce n’est qu’en avril 2009, elle fut dotée des structures administratives. J’ai été nommée à la tête de cette institution. Cette même année les Directeurs des autres filières ont été nommés. Depuis, notre équipe est entrain de se battre, pour mettre l’institution en droite ligne avec ses missions fondamentales qui sont l’enseignement, la recherche et l’appui à la communauté. Nous avons fait également assez de réalisations pour la mise en place progressive du cadre organique, la création des différents départements, la création du centre informatique, la création des meubles universitaires, nous sommes entrain d’aménager un laboratoire.
Je précise que l’école a été créée avec deux départements : le département du tourisme et celui de l’hôtellerie. En 2012, nous avons créé un troisième département avec deux filières d’enseignements professionnels : la filière de sciences alimentations et la filière de sciences nutritionnelles.

Guinée-culture : Globalement, quels sont les cours enseignés dans la filière tourisme ?

Hadja Fanta Touré : Il y a des cours de marketing ; des cours de gestion des ressources humaines ; des cours de gestion des voyages ; des cours de la gestion des hébergements. En plus des cours de géographie du tourisme, histoire du fondement du tourisme, il existe des cours sur les patrimoines culturels. Pour mettre en pratique ces cours théoriques, nous organisons des voyages d’études. Ces voyages sont organisés par une commission d’organisation des voyages qui a été instituée par la direction de l’institution. Cette commission a pour objectif de guider les étudiants dans l’organisation des voyages. Les étudiants de la deuxième année ont acquis des cours théoriques d’histoire, de géographie, de comptabilité de gestion. Ces voyages les permettent de mettre en pratique les connaissances théoriques en matière de gestion des voyages, la vente des billets, de la location des bus jusqu’à l’arrivée à destination des clients. Au cours de l’année, il y a au moins quatre voyages qui sont organisés. Par exemple l’année dernière, une équipe d’étudiants a organisé un voyage sur Nzérékoré en passant par les préfectures de Mamou, Faranah, Macenta, Nzérékoré et Lola. Au niveau de toutes ces préfectures, le groupe devait s’occuper des logements, faire la restauration, s’occuper des problèmes médicaux de leurs clients. Les étudiants de la première année et ceux de la troisième année étaient les clients. Les étudiants de la deuxième année assumaient l’organisation du voyage. Au cours des voyages, les étudiants exercent leur capacité en terme de gestion de voyage. Pratiquement ils appliquent la gestion des ressources humaines, la gestion du matériel, la gestion financière avec tous les aspects liés au markéting et négociation. C’est une opportunité pour les étudiants-clients de découvrir ces sites touristiques et de répondre à certaines questions. Je rappelle que les sites touristiques visités ont été étudiés en classe soit en géographie ou en histoire. Ça leur permet également de penser à des moyens d’aménagement de ces sites. Figurez-vous, nous avons plus de deux cents sites naturels qui donnent des opportunités réels d’aménagement. Mais jusqu’à présent ils ne sont pas aménagés.

Guinée-culture.org : Dites-nous les leçons que vous tirez quand vos étudiants rentrent d’un voyage à l’intérieur du pays ?

Hadja Fanta Touré : Quand les étudiants reviennent des voyages, d’abord nous constatons qu’ils sont très émerveillés par ce qu’ils ont vu, ils sont tous contents d’avoir eu l’opportunité de visiter ces sites. Il faut reconnaitre que ces voyages ne se font pas sans difficultés. Les effectifs sont pléthoriques j’ai même sorti une note de service, ne permettant que le voyage de 100 étudiants, mais c’est pratiquement impossible parce que tous les étudiants veulent tous partir. Le voyage de Nzérékoré par exemple c’était plus de 200 étudiants. Sur Kankan c’était 300 et quelques étudiants ; on déplace jusqu’à quatre bus voyez avec tout le risque que cela peut comporter. Jusqu’à présent on a pas eu de problèmes mais, s’en ne se fait pas avec l’esprit tranquille. Donc si les effectifs pouvaient être diminués pour faciliter leur hébergement se serait plus tranquillisant. Avec plus deux cents étudiants l’hébergement est toujours difficile.

Guinée-culture.org : Comment s’effectuent ces voyages. Y a-t-il une équipe qui prépare le terrain avant le voyage proprement dit ?

Hadja Fanta Touré  : On envoie une commission de prospection avant chaque voyage. Cette équipe est présidée par une dame chargée des relations extérieures. Elle va négocier avec les autorités pour que celles-ci mettent les maisons des jeunes à la disposition des étudiants quand ils arrivent pour leur logement. Des fois ça marche. Sinon les étudiants passent la nuit à la belle étoile. Ce qui est très risqué. Donc, en dépit de la volonté des étudiants d’effectuer les voyages, ils ont tout de même exprimer cette préoccupation mais nous sommes entrain de voir comment trouver une solution à cette préoccupation. Pour le moment la meilleur façon d’y faire face, c’est de diminuer l’effectif pour pouvoir les contenir.

Guinée-culture.org : A Vous entendre on a l’impression que vous avez des filières très prometteuses. Après le cursus universitaire, les étudiants doivent s’attendre à quoi ? Que l’ Etat les emploie ou bien à partir des cours reçus ici certains peuvent évoluer seuls ?

Hadja Fanta Touré : On donne des outils aux étudiants leur permettant de créer leurs propres entreprises. Dans ce sens, d’ailleurs nous les organisons sous forme d’association ou sous forme d’agence de voyage. Eux même ils trouvent leur nom propre. Certains étudiants qui ont organisé des voyages sur Nzérékoré l’année dernière, ont trouvé leur agrément en tant que ONG ayant pour but de faire la promotion du tourisme en Guinée. D’autres ont trouvé des associés pour faire des aménagements des sites de loisirs. Y a des étudiants qui sont venus me montrer des projets qu’ils cherchent à soumettre aux différentes institutions de financements. Donc nous les formons pour être fonctionnels à leur sortie de l’université. Ceux qui prennent les études au sérieux et qui s’impliquent dans les différentes activités que nous organisons ici, peuvent s’ils ont les moyens installer leur entreprise. C’est dans ce cadre d’ailleurs que nous avons instaurer une formation courte de trois mois en système de distribution globale d’administrative. Un logiciel spécialisé qui permet de gérer les voyages, les réservations des billets d’avions, les réservations des chambres d’hôtels. C’est-à-dire que dès que l’étudiant sort ici, il se trouvera qu’il a la main pour travailler dans les agences de voyages. En ce qui concerne l’hôtellerie, nous n’avons pas encore un centre d’application. Nous devrions avoir un centre d’application à nous même. Nous sommes entrain de voir comment construire un hôtel d’application de trois étoiles ou un restaurant d’application académique et aménager une grande salle à Foulamadina pour en faire un restaurant.

Guinée-culture.org : Vous avez des ambitions certes. Mais la concrétisation de ces ambitions demandent des moyens. L’électricité fait défaut à Conakry. Comment vous faites pour alimenter vos centres informatiques. Est-ce que vous êtes connectés à l’internet ?

Hadja Fanta Touré : Pour le moment nous avons un groupe de 45 CVA que nous alimentons de 10heures à 16 heures chaque jour. On avait une connexion internet qui marchait très bien avec wifi dans toutes les salles même dans la cours . Mais au bout de trois mois, c’est interrompu. Tout le monde était ravi pour cette réalisation. Mais au cours de l’hivernage passé la connexion s’est détériorée l’entreprise a tout fait pour rétablir la connexion mais elle n’est pas parvenue. On a été obligé d’arrêter le contrat avec l’entreprise. Le constat est que les entreprises qui s’occupent de la distribution de l’internet à Conakry ont un déficit dans leur prestation.

Guinée-culture.org : Avez-vous un appel à lancer à l’endroit des autorités ou des partenaires ?

Hadja Fanta Touré  : Nous demandons à l’autorité de nous soutenir dans nos financements. Sur tout les voyages d’études, nous avons besoin des bus. A chaque fois que le besoin se fait sentir, on est obligé de louer des bus. Nous n’avons qu’un seul à notre possession. Si on avait deux autres le vide allait être comblé. Nous invitons aussi les organismes de financements de nous aider à construire notre école. Nous avons un domaine de 15 hectares à Wonkifon qui doit être financer pour la construction de notre siège. Notre projet de construction prévoit trois départements ; le bloc administratif ; les centres d’applications académiques tels que : un restaurant, un hôtel d’application, une production alimentaire, une piscine, un complexe sportif si on peut nous aider à construire ces édifices, nos étudiants n’auraient pas de problèmes pour avoir des expériences pratiques. Après la fin de leurs études, il se trouvera qu’ils ont la main déjà. En plus, on a établi un projet de protocole de partenariat entre le ministère du Tourisme, l’ École Supérieure du Tourisme et de l’Hôtellerie et la fédération patronale du tourisme. Le protocole a été établi par les trois institutions sous la supervision du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. C’est la signature de ce protocole qui reste. Le protocole a été distribué à plus de 60 entreprises elles sont toutes d’accord. La signature doit se faire au ministère du Tourisme. Le dossier était beaucoup avancé du temps de l’ancienne ministre. Comme elle a quitté on est entrain de le relancer au niveau de l’actuel ministre j’ai envoyé une correspondance pour demander une audience avec lui pour que je l’explique l’importance de ce projet pour régler le problème des stages de nos étudiants j’attends la réponse de cette demande d’audience.

Merci