’’Tu m’aimeras’’ Spectacle à voir au CCFG !

article mise à jour : 21 janvier 2014

Agenda

30 jan

’’Tu m’aimeras’’ Spectacle à voir au CCFG !

Centre Culturel Franco Guinéen (CCFG)

Du 30 janvier 2014 19:00 au 31 janvier 2014 22:00

Jeudi 30 et vendredi 31 janvier 2014 à 19h30

D’après l’œuvre de Koffi Kwahulé. Mise en scène de Soulay Thiâ’nguel
Une pièce de théâtre interprêtée par la compagnie Laborato’arts.
Avec : Habibatou Bah, Moussa Doumbouya et Djanii Alfa !


« Tout commence par une femme et tout finit par une femme. Maintenant que nous ne sommes plus que tous les deux, je peux te le dire : Tout a commencé par le sein d’une femme... le sein gauche. » Tu m’aimeras. est le texte issu de la résidence d’écriture de Soulay Thiâ’nguel, au théâtre de l’Aquarium (Paris), en tant que lauréat du programme Visa pour la Création 2012 de l’Institut Français. La pièce est un cocktail de rythme, d’énergie et de poésie, composé à partir d’une dizaine de pièces de Koffi Kwahulé, avec comme fil conducteur la question du désir et de la sexualité.

Le spectacle est le résultat du compagnonnage entre le metteur en scène et l’auteur, qui dure depuis un peu plus de dix ans, obéissant à l’intuition commune de transcender les limites, repousser les frontières pour exposer les tabous sur la place publique. L’engagement artistique examine les dessous des plis et des replis pour étaler le caché au grand jour. Le projet présenté, ici, est une sorte de coup de poing, un uppercut pour faire vaciller une certaine Afrique politiquement incorrecte et obscène : abjection exprimée ou réprimée, désir retenu ou assouvi, pulsions charnelles et bestialités sexuelles, cruauté poétique et brutalité phonétique. Comme on le verra, le désir est abordé sous le signe de la provocation, de la transgression et de la violation des interdits. Dans une société africaine qui se veut puritaine, où l’on se bande les yeux devant les bassesses, il me parait important de lever le coin du voile pour (re)créer le débat et ôter la burka des félons.

C’est dans ce sillage que le spectacle pose ces questions : ce corps dénudé, cette femme désirée, sanctuaire violé et violenté, citadelle maculée et profanée ne serait-elle pas l’image singulière d’une destinée collective ? En elle, en cette femme ne résonne-t-il pas le vacarme de la douleur d’une Guinée, voire d’une Afrique maltraitée et ensanglantée, malmenée et souillée par ceux qui jurent de la protéger ? Qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition, qu’ils soient civils ou militaires, ne faut-il pas lire dans la mauvaise fortune de cette femme les utopies éteintes d’un pays ou d’un continent en lambeaux du fait de l’irresponsabilité de ses enfants ? C’est dans cette dimension métaphorique où les corps sur scène sont les possibles extensions de nos rêves en extinction que vibre le cœur de la mise en scène. C’est seulement dans la lecture seconde, connotative et emphatique de ce désir exaucé (ou violemment contenté) que nous voulons attirer nos responsables, afin de les mettre devant leurs responsabilités d’éternels manipulateurs de nos consciences et d’impénitents violeurs de nos innocences.