Un nouvel ouvrage sur la Migration, ONG et développement en Guinée disponible chez l’Harmattan

article mise à jour : 2 avril 2013
L’intérêt croissant pour la migration démontre que le phénomène est aujourd’hui une question transversale pour toutes les sociétés. Elle représente un enjeu économique, politique et culturel, étroitement lié au processus de développement que le concept de mondialisation a mis en exergue. La migration ne peut plus être traitée de façon isolée car la dynamique migratoire requiert des réponses multidimensionnelles et transcontinentales.

Pour mesurer l’importance de la migration sur le développement de la Guinée, il est nécessaire de voir en quoi les projets des migrants (individuels et associatifs) répondent aux objectifs de développement du pays à travers le DSRP et les OMD.

Pour le processus migratoire, nous partirons de l’indépendance en 1958 pour retracer les grandes périodes de l’émigration guinéenne. Il varie d’une époque à une autre suivant la situation politique du pays. Après le navetanat, ce furent les séjours temporaires dans la capitale, Conakry et dans d’autres villes africaines (généralement Dakar ou Abidjan), qui se terminent parfois par un voyage outre-Atlantique. De nos jours, les causes économiques ont remplacé les causes politiques car, les mesures libérales drastiques instaurées à partir de 1985 eurent des conséquences dramatiques. Les P.A.S ont conduit à des licenciements, à la fin de l’embauche automatique à la Fonction publique, au désengagement de l’État du secteur productif…. D’où un chômage chronique, la précarité, le développement du secteur informel et des inégalités socioprofessionnelles ; d’où la ruée vers l’extérieur.

Quant aux transferts d’argent, nous verrons qu’ils s’effectuent dans les deux sens car la Guinée figure à la 1ere place des pays africains qui expédient le plus de l’argent vers l’étranger. Mais les investissements productifs sont rares et se concentrent essentiellement dans les secteurs de transport, du commerce et dans une moindre mesure, l’agriculture.

La migration comporte aussi des aspects négatifs qui affectent aussi bien les communautés d’origines : retours avortés, noyades, désillusion, mariages arrangés, clandestinité...

Ce livre reprend en partie les travaux de recherches de la thèse d’Idrissa Barry qui portent sur la migration en rapport avec le développement en Guinée, sur plusieurs domaines : transferts matériels et culturels, participation de la diaspora, développement participatif, rapports entre Guinéens de l’intérieur et de l’extérieur, clivages et influences politiques… Bien de débats ont été animés sur ce sujet, mais rares sont les études approfondies qui lui ont été consacrées.


Docteur en Economie de Développement de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris (EHESS), Idrissa Barry est aussi titulaire d’un Master professionnel "Gestion de projets de développement en Afrique", de l’université Paris XI. Il est actuellement chercheur associé au Centre d’Etudes Africaines, à l’EHESS et Consultant en projets de développement. Il connaît bien la migration guinéenne pour avoir déjà présenté en 2005 des études sur l’ ion professionnelle des Guinéens en France dans son mémoire de DEA "Recherches Comparatives sur le Développement".