‘’Un siècle de journaux en Guinée : Histoire de la presse écrite de la période coloniale à nos jours’’ signe l’enseignant-chercheur, Mamadou Dindé Diallo.

article mise à jour : 3 juin 2013
La presse écrite a joué un rôle important dans l’évolution socio-politique de la Guinée. Toutefois, depuis la période coloniale jusqu’à nos jours, l’histoire de cette presse reste méconnue, car n’étant pas été étudiée profondément jusque-là.

Mamadou Dindé Diallo, Enseignant-Chercheur

C’est dans cette optique que Mamadou Dindé Diallo, Enseignant-Chercheur au Centre Universitaire de Kindia a soutenu sur la thèse de doctorat ‘’Un siècle de journaux en Guinée : Histoire de la presse écrite de la période coloniale à nos jours’’.

Sous la direction de Sophie Dulucq, Mamadou Dindé Diallo a présenté avec brio sa recherche le 28 mai dernier devant un jury de l’Université Toulouse 2 Le Mirail (France). Ce travail de recherche porte en effet sur l’histoire de la presse écrite en Guinée entre 1925 et 2010.

Contacté par notre rédaction, Dr Mamadou Dindé Diallo a rappelé que la presse écrite a été introduite en Guinée dans le sillage de la colonisation par le biais des pères spiritains (église catholique). Selon lui, l’élite guinéenne s’est saisie de cet outil pour véhiculer ses idées afin d’obtenir un soutien populaire en vue de la libération de la Guinée en 1958. Poursuivant, l’enseignant chercheur souligne qu’en Guinée, durant la 1ère république, la presse a été muselée mettant fin à la liberté d’expression. Ce n’est qu’en 1991 précise-t-il, sous la pression nationale et internationale, cette liberté est reconnue de nouveau en même temps que l’instauration du multipartisme. (…)

‘’Un siècle de journaux en Guinée. Histoire de la presse écrite de la période coloniale à nos jours’’ c’est 509 pages, avec de nombreuses illustrations et d’entretiens avec les acteurs de la presse écrite guinéenne.

Extrait de la couverture de la thèse de doctoral ‘’Un siècle de journaux en Guinée. Histoire de la presse écrite de la période coloniale à nos jours’’

Ce travail porte sur l’histoire de la presse écrite en Guinée entre 1925 et 2010, c’est-à-dire entre l’apparition du premier périodique et la fin de la 2e République.

A l’instar d’autres pays africains, les Guinéens sont rentrés en contact avec les journaux durant la colonisation. La presse fut d’abord contrôlée par les autorités avant d’être appropriée par les élites politiques dans leur lutte anticoloniale. Si les missionnaires catholiques ont été les précurseurs (création de La Voix de Notre-Dame), c’est après 1945 qu’une presse plurielle et africaine émerge, avec des journaux variés (Coup de Bambou, Phare de Guinée, La Liberté…). Les leaders politiques et syndicaux utilisent la presse comme un instrument de contre-pouvoir et comme un puissant moyen de mobilisation populaire.

Cette relative liberté prend fin en 1958, à l’indépendance. Le nouveau régime du parti unique met la main sur La Liberté publication du PDG-RDA, qui, sous le nom d’Horoya, devient l’unique journal d’information autorisé. Ce monopole étatique entraîne une forte désaffection du lectorat.

Après la prise du pouvoir par une junte en 1984, la mise en place du multipartisme contribue à l’instauration de la liberté de presse au début des années 1990. Considérée comme le « printemps de la presse », la décennie voit éclore des centaines de titres éphémères, souvent hebdomadaires ou mensuels. Notre thèse analyse ce phénomène et propose deux études de cas, centrées sur des groupes de presse apparemment solides : Le Lynx-La Lance et L’Indépendant-Le Démocrate. Elle propose enfin un bilan de la situation de la presse guinéenne en 2010.