Yankandy, une création du quartier Touguiwondy.

article mise à jour : 19 décembre 2012
Une dance pas comme les autres ,elle tire ses origines à Touguiwondy,avant d´être connue par les autres quartiers de conakry. De plus en plus prisée dans les cérémonies où elle supplante progressivement le « Sabar »,« yankady » incarne les vraies valeurs culturelles soussous depuis les temps coloniaux.

Au debut de l’année 2012, une nouvelle dynamique est insufflée à « Yankady » qui est dansé avec entregent par une nouvelle vague de danseurs.

La danse « Yankady » dont la paternité est reclamée par le quartier Touguiwondy, est tout d’abord calquée sur un model de danse des premiers anglais qui ont débarqué sur les côtes maritimes guinéennes. Pour le cas spécifique de touguiwondy, « yankady » a été crée pour la première fois dans les années 1957-1958 .

Trois hommes du quartier, sont à l’époque les mystagogues de cette danse : Facinet Keita, l’ex-chef dudit quartier , feu Abou Sylla alias Abou dessinateur, et Cocker Emmanuel. Leur marque de fabrique ne tardera pas à faire tabac dans les quartiers de Conakry au temps des PRL, sous Sékou Touré. Trois types de danse sont les composantes de « Yankady » à savoir : « yankady » elle –même, « Makourou » et « Yolé ».

Pour danser la première composante (yankady), ce sont 8 danseurs qui descendent dans l´arène dont 4 filles, dans une tenue propre au yankady. Deux à deux (fille-garçon), ces danseurs peuvent alors esquisser toute sorte de pas de danse, main dans la main, enfin poser les mains sur les poitrines l´un l´autre.

Pendant que les batteurs baissent le rythme, intervient soudain un changement de ton et d’accoutrement, une manière d’entamer la deuxième composante (Makourou). Dans l’arène, un seul homme appelé deuxième capitaine détenant un sifflet á la bouche.

A droite comme à gauche, il appelle 3 garçons et 4 filles qui le rejoignirent aussitôt. A travers un seul mouvement d´ensemble, les 8 danseurs, dans une cadence endiablée, s´entremêlent à chaque coup de sifflet du 2ème capitaine, sur fond de mariage. Après plusieurs coups de sifflet, les garçons s’accroupissent sur un genou, et les filles viennent s´asseoir sur l’autre genou, en position de support, et c´est le chant du cygne.

« Yolé » qui est la 3ème composante et est dansée en deux temps. D’abord quatre personnes habillées en tenue yolé, trémoussent en un mouvement d’ensemble pendant cinq minutes par le biais d’une chorégraphie à l’image d’une farandole. Dans la foulée, les batteurs opèrent un changement de rythme.

Commence alors la deuxième phase ou danse individuelle pour les 4 danseurs. A ce niveau, certains spectateurs surgissent dans l’arène, une manière de prouver qu’ils ont du talent à revendre dans cette danse, le tout dans une ambiance d’émulation et de défi.

De nos jours, nombreux sont ces premiers danseurs de « yankady » qui ont atteint le 3ème âge et ont passé la main à une trentaine de jeunes filles et garçons. Chaque week-end, tous les quartiers de la commune de Matam vibrent au rythme du « Yankady ».

Une danse qui ne cesse d’occuper une place de choix dans les différentes cérémonies des soussous, comme spectacle fashion.