Publications : "LE CAÏMAN" S’EST TU POUR DE BON ou L’histoire de Diomba Mara

article mise à jour : 2 juin 2016

Le dimanche 24 avril 2016, dans le cadre des festivités marquant les 72 heures du Livre, Monsieur Facely 2 MARA, journaliste professionnel, a procédé à la dédicace du livre qu’il a écrit sur l’histoire de son père intitulé. ‘’Le Caïman s’est tu pour de bon’’.

A cette occasion plusieurs personnalités politiques, administratives et parentales y ont participé. Notamment le président du Bureau du grand Kouranko-Lélé-Sankaran, les doyens et sages du grand Kouranko-Lélé-Sankaran, le président de l’Association des Ressortissants de Kérouané, le président de l’Association des Ressortissants de Soromaya, les descendants de Diomba Mara.

Pour mieux comprendre l’auteur du livre, lisez-le attentivement dans ces questions-réponses que lui-même a rédigées pour vous.

Bonne lecture !

J’apprécie que vous vous soyez déplacés pour venir m’entendre parler de mon livre. Un livre dont le prix de vente équivaut à celui d’un sac de riz importé (50 kg). Vous êtes vraiment courageux. Non, vous êtes vraiment motivés. Puisque vous croyez qu’il n’y a pas de source de savoirs plus sûre que le livre et que, comme le dit le proverbe chinois, « Tout savoir qui n’augmente pas tous les jours, diminue tous les jours »

Pour vous toutes et tous, un grand merci propulsé par mon cœur. Je vous en suis fort reconnaissant.

Présenter son œuvre soi-même n’est pas une tâche aisée. Et c’est ce que l’on me demande. J’implore, d’entrée de jeu, votre indulgence au cas où vous constaterez que dans sa présentation, je n’ai pas été, selon votre perception, à la hauteur. Acceptez de mettre au compte de l’émotion, les éventuelles insuffisances.
Je vais vous le présenter mon « bébé » en usant d’un genre journalistique fréquent et moins « coûteux » : l’interview. Je me pose des questions (au nombre de 10) et je me réponds. Mais pour vous.

QUESTION 1 : Mon livre a une histoire – Pourquoi l’ai-je écrit ?

« Facély II Mara, fils de Diomba Mara, se vante lui aussi d’être un Kouranko » : tel est le refrain qui me concerne dans la désormais célébrissime chanson « Kourankoya » (= « Etre Kouranko ») de la griotte Aminata Kamissoko.
A la différence de presque toutes les personnalités d’origine Kouranko citées dans cette chanson, elle a ajouté, dans mon cas, à mon nom celui de mon vénéré père. « 

Pourquoi cela ? » me demanda un jour ma fille, une de ses petites-filles, Mlle Bintia ici présente, qui n’avait que trois (3) petites années lorsqu’il la prenait sur ses genoux.

Il est probable que d’autres de sa descendance, se soient posés la même question. Il est possible que des prochains, amoureux de la contrée Kouranko, se soient interrogés eux-aussi sur le sujet. Pour moi, « Le caïman s’est tu pour de bon… » se situe dans la logique d’une réponse à la question de mon adorée susmentionnée.

QUESTION 2 : Ai-je été encouragé à poursuivre la rédaction de mon livre ? Si oui, qui sont- elles ces gentilles personnes ?

D’abord mon épouse avec qui je suis marié il y a seulement 37 ans. Ensuite mes enfants. En effet, lorsque je leur ai parlé de mon projet de livre, ils m’ont vivement encouragé. L’aîné des garçons, quant à lui, m’a fait parvenir, le 01 mars 2015, depuis Paris, son lieu de résidence, un message émail à ce sujet. Son contenu : « Bonsoir papa, J’ai bien apprécié l’idée d’écrire sur le grand-père. Excellente idée. Cela nous permettra de le connaître davantage et surtout de partager ses valeurs à nos enfants. Merci d’avance pour l’œuvre qui, à mon avis, sera un de nos livres de chevet et même sera le premier livre que nous ferons lire à nos enfants » (émail du 01 mars 2015 ; 03H22).

D’autres personnes, qu’elles soient membres de notre famille ou non, m’ont également félicité et encouragé. Par écrit ou oralement. Qu’elles trouvent ici l’expression de ma profonde gratitude.

Un an et deux mois après le message émail de mon fils aîné, le voici ledit livre. Sous vos yeux. Son édition a été rendue possible grâce à L’Harmattan et à son boss dont la « folie » constructive contribue à l’épanouissement, en Guinée, du livre et de la lecture. Merci à M. Sansy Kaba Diakité et à toute son équipe. Merci pour lui, mon Ministre Lamine Camara « Capi », Président de notre Association. Il m’a toujours poussé, de mille et une manières, à écrire. En usant pour ce faire de vocables appropriés.

Merci au Pr. Djibril Tamsir Niane. « Tu dois écrire, car tu peux écrire », a été, je suis tenté de dire, son slogan à mon endroit. Merci à mon confrère, le journaliste Yamoussa Sidibé, Directeur Général de la RTG (Radiodiffusion Télévision Guinéenne). Il m’a « harcelé » lui aussi en me disant à tout moment ce qui suit : « Grand-frère, vous m’avez donné la plume. Qu’attendez- vous pour publier quelque chose ? »

QUESTION 3 : D’où vient le titre du livre : « Le caïman » s’est tu pour de bon – L’histoire de Diomba Mara » ?

Sa mort inspira un talentueux et célébrissime artiste chanteur de la contrée Kouranko, Lanciné. Il composa, dans la langue Kouranko, deux belles chansons en sa mémoire dont : « Le caïman s’est tu pour de bon … ».

Après avoir lu le titre de mon livre, mon professeur, Yves Poulin, de l’ENAP de Québec/Canada m’a posé la question suivante : « Pourquoi traite-t-on ton père de « Caïman » ? ». Il ne comprenait pas cette comparaison. Pour lui faire comprendre aisément ce titre très original mais profondément culturel, faire comprendre à toutes celles et tous ceux qui poseront la même question que mon professeur, l’on a ajouté « L’histoire de Diomba Mara ». J’ai bon espoir qu’ils comprendront que le « caïman » (qui pourrait être traduit, dans le cas présent, par le « redoutable »), c’est bien Diomba. Il aurait pu être surnommé, comme l’en autorise notre culture, « Lion » ou « Hyène », etc …

QUESTION 4 : Mon « Caïman » est-il le seul et unique « Caïman » de notre zone géo-culturelle surnommée « Le pays des 15 jours de marche » ?

Je tiens à préciser, avec force, que la zone Kouranko a produit beaucoup d’autres « caïmans » (y compris des femmes dont ma grand-mère paternelle ; page 20). Les plus connus d’entre eux remontent à l’époque samorienne.

Un document publié lors de la grande rencontre du Kouranko – Lélé de Guinée et de Sierra-Léone tenue à Albadariah (Kissidougou/Guinée) en 2014, en cite près de 140. Mon « caïman » est, lui aussi, de ceux-là. Il y est fait cas de lui : « Djomba Mara, père de Facély II ». En pensant à mon « caïman », je pense à eux tous également. Ne pouvant pas parler d’eux tous, j’ai choisi de parler de mon « caïman ». Uniquement. J’implore la compréhension et le pardon de ces autres « caïmans ».

QUESTION 5 : Quel est le « parcours », pourrait-on dire, de mon livre ?

Avant d’en arriver au livre en tant que produit fini, j’ai commencé par réaliser, sur lui, un magazine. Avec sa voix, la mienne, les musiques en son honneur, les voix d’autres. C’était en 2013. A l’occasion du 20ème anniversaire de son décès.

La rédaction proprement dite du livre commença en août 2013 pour s’achever en mars 2015. J’avais déjà pris ma retraite aux Nations-Unies en juin 2013. Ce qui me laissait (me laisse) suffisamment de temps et de liberté d’action et de parole.
Le 21 mai 2015, je fis déposer à L’Harmattan la quatrième et dernière version de mon tapuscrit. Il fut saisi intégralement par moi-même. Le 21 décembre 2015, je signais mon « Contrat d’édition ». Et le 22 janvier 2016, il fut publié en France. Il l’est aujourd’hui en Guinée, ce dimanche 24 avril 2016, à l’occasion des « 72H du livre »

QUESTION 6 : Comment est structuré mon livre ?

Le livre compte 171 pages. Il comprend :

Trois volets : « Remerciements » (à l’endroit de 4 personnes dont la griotte Aminata Kamissoko), « Dédicace », et « Avertissement »
Trois chapitres, 40 sous titres et une annexe.
Je vous propose une brève radiographie des chapitres.

Le chapitre 1 est titré « Sa mort… ». Je narre, dans ce chapitre, sa fin de vie ainsi que les évènements (dès fois mystiques) qui ont été engendrés par elle. Le chapitre comporte 11 sous –titres.

Le chapitre 2 est intitulé « Sur ses vies de militaire ou « Tirailleur sénégalais » et de garde cercle ou de « Corps habillé ». C’est la partie la plus palpitante de sa longue vie. Ce sont ses « vies » qui lui ont permis d’être au firmament de la renommée, du succès et de la médisance. Il compte 13 sous – titres.

Le dernier chapitre, le 3, a pour titre « Sa deuxième vie de civil… ». C’est de la « seconde vie civile » qui est appelée « Période post-retraite » dont il s’agit dans ce chapitre. A son actif, plusieurs acquis. Cette seconde vie ne surprit point mon « caïman ». Il sut l’attendre. D’où « son » proverbe : « A ta vieillesse, tu ne pourras te réchauffer qu’avec les bois morts que tu auras amassés lors de ta jeunesse » (page 161). Le chapitre comporte 16 sous – titres.

L’Annexe est relative à la liste nominative de ses enfants (et leurs épouses respectives), et petits- enfants. A la date du 29 avril 2015. Soit un total de plus de 60 personnes dont 44 petits-fils.

QUESTION 7 : Le livre offre-t-il aux lectrices, aux lecteurs des leçons de vie utiles à leur combat quotidien pour l’obtention de leur mieux- être ?

Sous tous les cieux, on y lit pour augmenter ses trois savoirs : le théorique, le savoir-être et le savoir-faire. Dans la perspective de « terrasser » la vie. Mon livre vous aidera-t- il dans ce sens ? Je réponds que « Oui ! ». Entre vos mains, le livre sera, je n’en doute point, un outil de travail. Qui vous aidera à vous construire. Telle l’abeille, sa ruche. En tout cas, une amie, Diaka Kourouma, qui réside à Paris, m’a envoyé ce sms : « J’ai lu ton bouquin. J’en ai appris (…) Je tâcherais de respecter les interdits sociaux (…) » (14/04/16 ; 18 : 54)- Ces « Interdits sociaux » appris auprès de mon « Caïman », sont énumérés aux pages 155 à 157. Soit dit en passant.

Lorsque vous aurez lu le livre, vous comprendrez aisément que le « Caïman », mon père, demeure effectivement un homme dont on dit « Je ne l’ai jamais vu, mais néanmoins j’ai entendu parler de lui ». A cause du fait qu’il fut « utile ». Toute sa vie durant. Un de ses proverbes fut : « Ce n’est pas de la viande de l’être humain que l’on vit ; mais plutôt l’on vit de son utilité sociale » (page 34…). Comment fut-il « utile » ? Tout à la fois, le « Caïman » fut :

1. un excellent (parce que rigoureux) applicateur de la loi en ses qualités de tirailleur sénégalais, de garde de cercle à la chéchia rouge, de garde républicain. Au point que des légendes ont été forgées en son honneur sur ses « faits d’armes » (j’en cite 4 ; page 69…)

2. un défenseur du « Bleu – Blanc – Rouge ». Au cours du combat auquel il prit part, le « Caïman » « (…) s’est toujours comporté bravement (…) » écrit sur lui le Général Frère, Commandant le 12ème Régiment. Et pour ce faire, poursuit le Général, il a le « (…) droit au port de la croix de guerre avec étoile de bronze » (page 43). De ce combat qui enregistra beaucoup de morts, il en sortit sans égratignure.

3. un détenteur de pouvoirs mystiques qui ont fait leurs preuves. Je fais état de ses relations avec ses serpents et leur termitière (qui n’abritait pas de termites), de ses relations avec ses abeilles, avec ses oiseaux et leur arbre ; de sa jarre toujours remplie d’une eau spéciale, de son boubou anti-balles, de ses séances d’offrande aux génies, de ses bœufs qui étaient rarement attachés, mais qui n’étaient jamais volés, etc … (page 35 … ; page 111…)

4. un guérisseur, hors-pair, de certaines maladies africaines générées par les mauvais sorts communément appelées « Gboya » (page 112…)

5. un politicien local qui inspirait crainte et peur, qui choisissait, lui-même, les autres membres du Bureau, qui était agréable à entendre tant il fut un orateur distingué (page 79)

6. un être humain qui fut doué d’une extraordinaire capacité de prophétie (j’en cite 9 qui me concernent directement ; page 109…)

7. un diseur de vérité au point qu’il fut surnommé aussi « Tounya Diomba » (« Diomba le véridique »). En effet, il disait toujours tout haut ce que tout le monde disait tout bas ! Mais toujours avec tact et humilité (page 116…)

8. un ami et grand admirateur des « Maîtres de la parole ». Ces derniers continuent de le chanter de nos jours. Le livre contient quelques unes desdites chansons (page 147…)

9. un connaisseur des us et coutumes de notre pays. Pour lui, « La marche dans la société impose à celui qui veut aller loin, la connaissance des us et coutumes des communautés en présence » (j’en cite 13 ; page 156…). Cette maitrise fit de lui un des plus grands et redoutés gestionnaires de conflits dans la zone

10. un amoureux de sa communauté à laquelle il sut toujours réserver un traitement spécial, notamment pendant ses opérations militaires anti-clando à Banankoro, la plus riche zone diamantifère de la Guinée. La zone est entièrement Kouranko (page 71…)

11. un intègre tant sur le plan moral, matériel que financier (je cite des exemples dont l’anecdote de la « Herse détournée » ; page 160 …)

12. un bâtisseur : l’école de notre village se doit à lui (page 120…)

13. un soldat qui refusa d’être richissime en dépit du fait qu’il manipula, à volonté, le diamant dans une Guinée ou porter, à l’époque, une paire de chaussures était un luxe pour plusieurs citoyens (page 160)

14. un pratiquant chevronné du multiculturalisme et de la coopération inter- religions, sources de stabilité sociale (page 145…)

15. un grand protecteur de ses enfants. En sorcellerie, on parle de « Filet protecteur ». Je dois avouer que mon père fut très présent dans la résolution de tous mes problèmes socio- professionnels majeurs dont certains ont failli me coûter la vie. Tels l’exercice de ma fonction de Vice-président du Conseil d’Administration du plus grand lycée de la région forestière à l’époque, le « Dossier Cuba » (page 85), l’animation de l’émission « A vous la parole ! », « La crise de l’Association des Journalistes de Guinée », la première Association en Guinée (page 131 à 144), « Mes relations avec mes Ministres « pupards » (page 98), mes démarches souterraines pour la libération de mes frères, prisonniers politiques du PUP (page 93), ma fréquentation, en plein jour, de l’Opposant historique Alpha Condé, ce qui constituait, en son temps, un crime de lèse-majesté (page 94), etc … Notez que mon « Caïman » est assis à côté de moi, en cet instant même.

16. Un créateur d’un système d’éducation qui a fait de moi, son premier fils, ce que je suis. A vos yeux. Un système d’éducation fondé sur la mixture « fouet – câlin - meilleures conditions de vie » (page 123…). Contrairement à la pratique Kouranko en matière d’éducation des enfants qui veut que le premier fils reste à côté du papa, mon « Caïman » pensait plutôt que « Si le premier fils voit le chemin, ceux qui viendront par la suite verront, eux-aussi, le même chemin ». Pour y parvenir, il faut le faire « sortir » alors de la concession. C’est ce qu’il fit avec moi.

17. Un homme dont les actions généreuses envers ses semblables rejaillissent encore sur toute sa descendance. Il a laissé derrière lui plusieurs « enfants ». Certains de ces derniers retournent, de nos jours, l’ascenseur à ses enfants biologiques. Merci à eux tous ! (page 64…). Je ne saurai dire avec exactitude le nombre de personnes (y compris « En position d’autorité ») qui lui ont « confiées leur tête », qu’il a soignées, qu’il a « lavées » dans sa chambre mystique, qui ont reçu de lui des prophéties qui s’avérèrent justes, auxquelles il a donné des conseils avisés, qui ont utilisés ses richesses à des fins personnelles, etc …

18. A cause du fait que sa mort, survenue sur un lit d’hôpital, dans un Conakry en « flamme » suite à des querelles politico-ethniques ouvertes, fut un évènement (page 19). Elle engendra une autre mixture : « mythes– réjouissances-pleurs-chants-coups de fusils de chasse-coïncidences troublantes-différents sacrifices » ((page 34… ; page 63…)
• J’en passe !

Lorsque vous aurez lu le livre, vous connaitrez, en outre, d’autres valeurs qui lui étaient chères. Ce sont : son patriotisme (page 157..), ses sens de la gratitude, du partage, du respect de la femme en dépit de ses 20 épouses connues (page 30…), du travail bien fait (page 160). Et surtout son sens du goût immodéré pour la discipline et l’ordre qu’il considérait comme les clefs de toute réussite humaine.

A n’en pas douter, mon « Caïman » fut un disciple de l’auteur de « L’art de la guerre ». Une preuve : ses notes ou cotes militaires. De 1942 à 1968, il reçut chaque année une note. Sanctionnant son travail. La plus faible est 16/20 attribuée une seule fois tandis que la plus forte, attribuée trois fois, est 19,75/20 ! (page 48). Une autre : mon « emprisonnement » par lui, suite à ma violation délibérée, d’un « interdit » bien connu au camp militaire ! (page 56). Que comprenne qui le voudra et pourra « son » proverbe ci –après : « Ne reste pas dans un village où les chats et les souris jouent ensemble à cache –cache » (page 117)

Lorsque vous aurez lu le livre, vous serez totalement d’accord, j’en suis certain, avec un de ses premiers acheteurs et lecteurs, une personne d’une culture différente de la mienne, l’européenne. Ecoutons- le, notre Européen : « Bonjour M. Mara. J’ai lu avec un grand intérêt le livre sur votre père. J’ai été impressionné par le respect marqué à son égard qui transpire à chaque mot. J’ai particulièrement apprécié la richesse de sa vie sous différents uniformes mais aussi les riches informations sur son rôle de patriarche et les responsabilités qu’il a acceptées d’assumer au titre de son positionnement et de la reconnaissance dont il bénéficiait dans le tissu social. J’ai découvert par ailleurs des aspects culturels qui me serviront à mieux comprendre le positionnement social et les rapports entre les individus dans la société guinéenne.

Le côté mystique est venu mettre une touche humoristique et sensible sur cet Homme qui, indéniablement, mérite le respect et la reconnaissance que vous avez su exprimer avec une si grande humanité. Je m’attacherai à partager ce livre avec ceux qui m’entourent (…) » (émail du 16 avril 2016 ; 10.07 AM).

QUESTION 8 : Mon livre est- il un roman, et comme tel, plein de fictions ?

Pas du tout. Tous les faits qui y sont rapportés sont réels et vrais. Y compris les mythiques et les coïncidences. Toutes les personnes citées ont existé ou existent encore. Au total, une soixantaine ! Certaines, parmi elles, sont ici. En chair et en os.
Cependant, bien que le livre ne contienne aucune fable, je souhaite que sa lecture commence comme la narration d’un conte autour du bois de feu, dans une case ou au clair de lune … Autour du feu nourri, sont assis celles et ceux qui veulent entendre son odyssée.
Donc, il était une fois …

QUESTION 9 : Quelles sont les sources sur lesquelles je me suis appuyé pour le produire ?

La rédaction de ce livre s’est appuyée sur QUATRE (4) supports. Elle a, donc, été possible grâce :

1. à ses deux Livrets, militaire (« Troupes Coloniales – classe 1934 – Matricule 42 771 ») et Garde de cercle (Matricules 2893 et 39 017) et à sa Carte d’Identité coloniale du 12 juillet 1952. De même que sa décoration. Il les a merveilleusement bien conservés. Cette conservation relève, pourrait-on dire, du miracle, eu égard à la déconsidération des archives que l’on observe dans notre société profondément orale.

Pour moi, le soin mis par lui à les conserver, telle la prunelle de ses yeux, durant cinquante et neuf ans (59 ; 27 janvier 1934 au 29 septembre 1993) contient un message, son message à l’endroit de sa descendance. En voici, à mes yeux, sa teneur : « Faites en sorte que le contenu de mes Livrets soit connu de mes semblables un jour ». Chaque fois que je consulte ses Livrets, sa Carte d’Identité, la véracité du dicton latin « Verba volant, scripta manent », et du proverbe chinois « L’encre la plus pâle retient mieux que la mémoire la plus forte », s’enfonce davantage en moi.

2. à ce que j’ai vu de mes propres yeux, vécu dans ma propre chaire en demeurant à côté de lui, et à ce que j’ai entendu, de mes propres oreilles, de lui. Mon « caïman » communiquait beaucoup. Mais, comme tout bon soldat, il avait une grande capacité de contrôle sur ses informations. Il ne donnait que celles qu’il voulait donner. Il m’en donna beaucoup tout de même. En tout cas suffisamment pour que j’en parle aujourd‘hui. 23 ans après sa mort survenue le 29 septembre 1993 (et dont il eut « connaissance » puisqu’il sentait son « odeur » ; page 113).

3. à ce que j’ai entendu des autres sur lui, qu’ils soient parents, amis, simples connaissances ou « adversaires » cachés.

4. aux cassettes audio sur lesquelles sont gravées sa voix ainsi que celles de certains de ceux-là qui l’ont connu dans des circonstances différentes.
Je remercie mon « caïman » pour s’être ouvert à moi. Je remercie également toutes celles et tous ceux qui, un jour ou l’autre, ont parlé de lui en ma présence, en présence de mes sœurs et frères. En bien ou en mal, peu importe ! L’essentiel : ils ont témoigné ! Chacun à sa façon. Librement.

QUESTION 10 : Quel message vais-je vous laisser internaliser, vous qui êtes, aimablement et sagement, assis devant moi ?

Mesdames et Messieurs,

Vous m’avez assez supporté. Je vais mettre fin à votre « supplice ». Donc, pour terminer, permettez que j’invite chacun de vous à prendre une part active dans sa promotion à l’instar de M Jean Dangleterre lorsqu’il dit, de si belle manière, ce qui suit : « Je m’attacherai à partager ce livre avec ceux qui m’entourent (…) ». Faites comme ce bon Monsieur : partagez, vous aussi, ce livre avec celles et ceux qui vous entourent ! Je vous en supplie !

J’en ai fini ! Merci de m’avoir supporté si longtemps !
Conakry, le 19 avril 2016
Par Facély II Mara, auteur du livre